Bienvenue à bord… d’une pirogue préhistorique

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N° 401 - Publié le 28 juillet 2022
KORUC

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Une association bretonne dévoile les techniques utilisées par les archéologues pour reconstituer des pirogues du Néolithique. Une expérience chavirante !

Parmi les voiliers, canoës et bateaux à moteurs du lac de Guerlédan ou de la rade de Brest, les estivants auront peut-être aperçu une embarcation étonnante, comme venue d’un autre temps. Qu’ils se rassurent, il ne s’agissait pas d’une illusion due à un coup de chaleur. « Nous testions une réplique de pirogue du Néolithique1 », raconte Philippe Guillonnet, expérimentateur et médiateur en archéologie pour Koruc, une association bretonne de passionnés. Dans le cadre de son partenariat avec le projet de recherche Néonav2, notamment mené par la MSHB3, l’association participe à la reconstitution des méthodes de navigation de la fin de la Préhistoire. « Le seul moyen de transport maritime connu est la pirogue, plutôt adaptée aux rivières et aux lacs. Nous avons aussi des preuves de voyage en haute mer mais aucun vestige de bateau. Peut-être utilisait-on aussi des pirogues ? » s’interroge Vincent Bernard, archéologue CNRS au Creaah4 à Rennes. Qu’à cela ne tienne, l’équipe a décidé de fabriquer elle-même les esquifs pour les mettre à l’épreuve ! Cet été, le public était convié au spectacle.

Taillée dans le tronc d'un chêne

En coulisses, toute une flottille de différents gabarits est entreposée dans la base logistique de Koruc à Maure-de-Bretagne. L’embarcation la plus longue, également la plus récente, mesure 9 m de long et a été taillée dans le tronc d’un chêne de plus de 90 cm de diamètre. Elle reste pour l’instant dédiée à la recherche. Au sol, sur des peaux de bête, un éventail de haches et herminettes en pierre polie. « Nous avons taillé les lames dans de la dolérite, la roche du Massif armoricain, fait remarquer le chercheur. Ce sont des reproductions de véritables objets, dont certains sont conservés au Musée de Bretagne de Rennes. Nous les avons utilisées pour abattre l’arbre et le façonner selon les techniques du Néolithique. » Une autre embarcation de 7,40 m sert quant à elle à animer des ateliers de médiation à travers la France. « Je l’appelle la “pirogue routière”, parce qu’elle a beaucoup voyagé depuis l’année dernière, mais surtout en remorque pour bateau ! » plaisante Philippe Guillonnet. Lors de ses interventions, le médiateur encourage les participants à prendre en main les outils pour les amener à rentrer dans la peau des artisans du Néolithique. Les plus chanceux peuvent même bénéficier d’un baptême de pirogue.

Fascination collective 

« L’objectif est de faire connaître les méthodes de l’archéologie expérimentale. Cette mise en situation attire l’attention du public grâce à un imaginaire collectif très fort autour de la Préhistoire », commente Vincent Bernard. « Les manipulations permettent aussi de prendre conscience du savoir-faire de l’époque », complète son collègue. Avis aux amateurs : la pirogue sera de passage à Rennes dans le cadre de la Fête de la science. Rendez-vous le 13 octobre à l’Espace des sciences !

 

ALEXANDRA D'IMPERIO

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