Portraits

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CATHERINE ANDRE
52 ans
Chercheur en génétique moléculaire à l’IGDR (1)
Enfin attrapée au vol dans ses recherches et interviewée entre midi et deux par Nathalie Blanc.
«Je mets toute mon énergie à ne pas “utiliser” le chien, mais bien à travailler avec et pour le chien, et pour l’homme.»

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Qu’auriez-vous fait si vous n’aviez pas été chercheur ?
J’ai été attirée très tôt par les sciences et la recherche : je voulais être vétérinaire ou travailler sur le cancer. Aujourd’hui je fais un peu les deux ! Je suis chercheur en génétique et j’essaie de trouver les origines génétiques de maladies homologues entre l’homme et le chien, dont certains cancers, pour mieux prédire et traiter ces maladies chez le chien et transposer les résultats en médecine humaine.

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Aujourd’hui, qu’avez-vous trouvé ?
Des collègues formidables ! Et c’est important quand on passe plus de cinquante heures par semaine ensemble... J’ai fait de belles rencontres et de belles découvertes qui ont conduit à des résultats intéressants et stimulants sur des maladies en dermatologie et neurologie (2), et en cancérologie.

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Le hasard vous a-t-il déjà aidé ?
Je parlerais plutôt d’imprévus. Je suis plutôt ouverte aux imprévus, tout en étant un peu organisée quand même !

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Qu’avez-vous perdu ?
Je parle beaucoup et on me dit souvent que “j’ai perdu une bonne occasion de me taire !”

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Que faudrait-il mieux ne pas trouver ?
Difficile de répondre à cette question en tant que chercheur, nous qui mettons tout notre investissement à chercher ! Ce qui m’inquiète ce n’est pas tant de “trouver”, mais c’est que nos trouvailles soient mal utilisées. J’y pense beaucoup car, mettant toute mon énergie à ne pas “utiliser” le chien, mais bien à travailler avec et pour le chien, et aussi pour l’homme, je n’aimerais pas voir nos découvertes se retourner contre les chiens, à cause de pressions médiatiques, financières ou de publications.

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Quelle est la découverte qui changerait votre vie ?
Je ne sais pas... Je ne crois pas avoir besoin de changer ma vie. Je ne rêve pas de LA découverte. J’aspire plutôt à contribuer à l’édifice des connaissances en posant de nouvelles petites pierres comme celles que nous avons déjà posées, en bonne intelligence et bonne humeur !

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Qu’est-ce qui vous ferait douter de la rationalité ?
Dans ma vie professionnelle comme personnelle, je suis plutôt rationnelle. La rationalité est importante, mais il faut laisser la place à l’inconnu, à ce que nous n’avions pas imaginé... à des conséquences auxquelles on n’avait encore jamais pensé. En génétique, c’est flagrant : la définition d’un gène, par exemple, a tellement changé !

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Interviewé par
Nathalie Blanc

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