Disparition des dinosaures : que s’est-il passé ?

Dinosaures, une histoire mouvementée

N° 413 - Publié le 26 octobre 2023
© TRAFA / ADOBE STOCK / GENERE A L’AIDE DE L’IA
Illustration numérique d'un squelette de Tyrannosaurus rex.

Les scientifiques sont unanimes : c’est une catastrophe naturelle qui est à l’origine de l’extinction des dinosaures au Crétacé. Mais de quel événement s’agit-il ?

Deux catastrophes se disputent le banc des accusés. À gauche, un astéroïde d’une quinzaine de kilomètres de diamètre qui s’est écrasé au Mexique. À droite, une activité volcanique massive et continue sur le plateau du Deccan, en Inde. Depuis les années 1970, le débat reste ouvert au sein de la communauté scientifique sur la responsabilité de ces deux événements dans la disparition des dinosaures. Pour y voir plus clair dans cette affaire, petit retour sur les preuves à notre disposition.

Fossiles de plantes et d'animaux


Il y a 50 ans, le physicien américain Luis Alvarez et son fils Walter, géologue, découvrent entre les strates du Crétacé et du Tertiaire une fine couche d’argile chargée en iridium, un élément rare sur Terre mais très présent dans les astéroïdes. Cette partie, plus sombre, visible à plusieurs endroits du globe et appelée « limite K-Pg », forme une véritable frontière. « En dessous, on retrouve des fossiles de plantes et d’animaux en tout genre, explique Charles Frankel, géologue spécialiste des cratères d’impact, qui navigue entre le Morbihan et les États-Unis1. Au-dessus, il n’y a presque plus rien. » Preuve qu’une extinction de la biodiversité a bien eu lieu il y a 66 millions d’années.

En 1991, la découverte d’un cratère d’impact de 200 kilomètres de diamètre à Chicxulub (Mexique) incrimine fortement l’astéroïde. « L’énergie délivrée au moment de l’impact il y a 66 millions d’années serait au minimum 21 milliards de fois plus importante que celle de la bombe larguée à Hiroshima », estime Ronan Allain, paléontologue au MNHN2.

Des milliards de tonnes de roches


Le scénario qui se dessine est effectivement terrifiant : en entrant dans l’atmosphère, l’astéroïde se transforme en boule de feu… et s’écrase à 20 kilomètres par seconde sur une zone sédimentaire particulièrement explosive, composée de carbonate et de sulfate. « C’est comme si vous lâchiez un obus sur une réserve de munitions », compare Charles Frankel. L’effet est immédiat, le souffle de l’impact projette des milliards de tonnes de roches dans toutes les directions. Elles retombent en pluie de feu à la surface de la Terre. Les gaz et la poussière relâchés dans l’atmosphère plongent le monde dans le noir, et provoquent un refroidissement du climat et une acidification des océans. Les plantes et les grands herbivores meurent, emportant avec eux leurs prédateurs. Tenons-nous ici notre coupable ? Pas tout à fait.

Car à cette période, un autre événement se trame : en Inde, des couches de lave de plus de 2 400 mètres d’épaisseur s'accumulent depuis des millions d’années, formant les trapps du Deccan. Ces épanchements auraient alors causé un changement climatique, au détriment des dinosaures. Mais il est difficile de dater précisément la survenue de ces coulées. Certaines études les placent en amont de la météorite. D’autres, plus récentes, tablent sur une recrudescence après l’impact. Ce qui est sûr, c’est qu’il y a 66 millions d’années le règne des dinosaures a pris fin.

Sophie Podevin

1. Depuis 2006, il enseigne la planétologie à Middlebury College (au nord de New-York).
2. Muséum national d’Histoire naturelle.

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