Curiosités sur l’électricité en médecine
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Le Conservatoire du patrimoine hospitalier de Rennes présente une exposition sur le rôle de l’électricité en médecine, visible au 64 rue de Saint-Malo jusqu’au 24 juin.
Si l’électrochoc n’eût pas été inventé, nous continuerions peut-être à emplir nos intestins de fumée. Pour le comprendre, il faut aller voir la nouvelle exposition temporaire du Conservatoire du patrimoine hospitalier de Rennes, visible jusqu’au 24 juin. Le sujet : l’électricité en médecine, des outils qui mesurent l’électricité produite par le corps humain à ceux qui produisent de l’électricité pour le soigner. Comme ces électrochocs aujourd’hui finement dosés qui permettent de mettre fin à des dépressions sévères ou à des tremblements dus à la maladie de Parkinson.
Mais avant, le cabinet de curiosités fait un détour par les premiers générateurs de cette source d’énergie. On voit ainsi la première pile mise au point par Volta en 1799, constituée d’un empilement de disques de zinc, d’eau salée et de cuivre. Puissance obtenue : 5 volts. Dans la même vitrine, la bobine du Français Ruhmkorff, qui peut transformer ces 5 volts en plus de 50 000, de quoi ouvrir la porte vers la perception des rayons X. On observe ainsi la machine de Wimshurst, bel objet composé de deux disques, qui a alimenté la première radiographie (la main de la femme du physicien Röntgen) en 1895.
Fumées
Comment étaient enregistrées les premières tensions artérielles ? Sur un ingénieux cylindre de papier enduit de fumée. Il faut attendre 1993 pour que le tensiomètre à poignet de l’entreprise japonaise Panasonic soit mis au point. Et quand il faut rebooster le cœur ? Tenez-vous bien. À la fin du XVIIIe siècle, un avocat parisien a rapporté de son séjour en Amazonie la technique de réanimation qui consiste à faire entrer de la fumée de tabac par voie rectale puis à chatouiller la victime pendue par les pieds. C’est depuis 2007 que tout un chacun peut utiliser un défibrillateur, qui évalue si c’est nécessaire. Lorsque les problèmes cardiaques sont récurrents, les stimulateurs sont aujourd’hui logés dans le cœur. À l’avenir, l’intelligence artificielle se chargera-t-elle de les reprogrammer à la place du médecin ? Trop de risques de piratage. Et hautement consommateur d’électricité.
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Tara prise dans la glace !
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Cet été, nous avions évoqué le départ de Tara Polar Station du port de Lorient, pour sonder l’océan polaire et comprendre l’état de santé de toute la planète. En septembre, grosse étape pour l’observatoire flottant, qui a traversé les eaux russes sous une météo délicate : atteindre la position 82°24’N 155°03’E en suivant le sillage du Xue Long 2, un brise-glace océanographique chinois, avec qui il avait rendez-vous.
Aujourd’hui, le voilà volontairement prisonnier des glaces ! La station étant bien stabilisée par le froid hivernal, l’équipage peut lancer ses opérations d’échantillonnage. Les quatre marins, six scientifiques, la médecin et le correspondant de bord, emmitouflés dans une nuit polaire totale de quatre mois, doivent revenir au au printemps. D’autres prendront le relais durant les deux décennies du programme. Une expédition imaginée depuis dix ans et qui mobilise 80 scientifiques de 32 institutions de 12 pays.
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Les tentatives folles pour contrôler une espèce invasive
Espèces invasives, quelles menaces ?
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Jeu vidéo : la science derrière les pixels
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Les jeux vidéo sont un concentré d’art et de technologies. Le livre Le Labo du jeu vidéo du normalien David Louapre décortique toutes les briques de ce monument de l’intelligence humaine, aujourd’hui révolutionné par l’intelligence artificielle.
C’est un art qui mobilise mathématiques, informatique, mécanique, biologie, ou encore psychologie, et que décortique le livre Le Labo du jeu vidéo (Albin Michel, 2026). Le pédagogue David Louapre, suivi par 1,5 million d’internautes sur sa chaîne YouTube Science Étonnante, met à profit ses huit années chez Ubisoft (éditeur d’Assassin’s Creed) pour déployer la science du jeu vidéo en 430 pages richement illustrées.
Progrès de la technique
Il nous plonge dans l’histoire des premiers jeux confidentiels, dans les années 1960, quand un ordinateur coûtait 200 000 dollars. La décennie suivante est celle des bornes d’arcade (un seul jeu par machine ! ), avec Space Invaders ou Pacman. Viennent ensuite les consoles à cartouches amovibles, puis portables, propulsées par la Game Boy (autorisée aux filles !). En 1994, la PlayStation introduit le CD au stockage cent fois supérieur à celui des cartouches, ouvrant la voie à la 3D gourmande en mémoire. Internet déploiera le jeu en réseau. Et l’intelligence artificielle, une technologie sur laquelle travaille aujourd’hui l’auteur, explose les potentialités.
Là où, dans les films d’animation, les graphistes peuvent prendre des heures pour parfaire des cheveux, le jeu vidéo doit calculer des milliers d’images possibles en une fraction de seconde. Prévoir une multiplicité de points de vue au cas où le joueur « regarde » dans telle direction, ou assurer le rendu de l’eau et des flammes. Une prouesse reposant sur des puces capables d’abriter 100 millions de transistors par millimètre carré, fabriquées par des machines à 400 millions de dollars.
Prouesses d’optimisation
Gare à la surchauffe. La règle générale d’un jeu vidéo : optimiser son énergie. Combien de temps a pris le rendu des ombres ? Face à la contrainte, l’intelligence humaine aboutit à l’exploit de créer un clip (une démoscène) en 64 ko maximum, ce qui fait l’objet d’une compétition annuelle, et permet de repérer les génies.
L’ouvrage rend compte des différents métiers qui composent cette industrie pesant plus de 200 milliards de dollars. Des fabricants de consoles ou de cartes graphiques (comme Nvidia) aux éditeurs qui financent, promeuvent et distribuent les jeux, en passant par les studios qui les élaborent. Parfois, le créateur est seul, comme Markus Persson, alias Notch, qui a développé le jeu le plus vendu de l’histoire : Minecraft. Vendu 2,5 milliards de dollars à Microsoft. Un jeu aussi utilisé par des enseignants.
Comme le souligne David Louapre dans le dernier chapitre, le jeu vidéo permet notamment d'améliorer notre capacité à nous coordonner en équipe, ou fait progresser des projets utiles à toute l’humanité, comme cette fois où des joueurs devaient manipuler sur Foldit une protéine en trois dimensions pour repérer la configuration qui minimise son énergie, et ont fait avancer la recherche sur le cancer et la maladie d’Alzheimer.
You win !
Pour aller plus loin
Les Mardis de l'Espace des sciences
La science des jeux vidéo : des pixels à l’intelligence artificielle, avec David Louapre, le 17 novembre 2026 à 20h30 aux Champs Libres, à Rennes.
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Les Piliers de la création
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Bruno Mauguin, pilote du planétarium Hubert Reeves à l’Espace des sciences de Rennes et conteur hors pair, nous raconte les grandes photos qui ont marqué la science spatiale. Aujourd'hui : l’image iconique de 1995 de la nébuleuse de l’Aigle.
En 1990, la Nasa a fait de la publicité pour le nouveau télescope qu’elle envoyait en orbite autour de la Terre, Hubble. « Il va voir des choses qu’on ne peut pas observer sur notre planète ! » Comme il est dans l’Espace, il n’est ni gêné par les nuages ni par l’alternance de la nuit et du jour, donc peut faire de longues prises de vue, pendant plusieurs jours. Le souci, c’est qu’il voyait flou. Il a fallu trois ans pour comprendre le problème (et préparer une mission de correction) : les Américains avaient confié la conception des miroirs nécessaires pour capter la lumière à deux sociétés différentes. L’une qui se basait sur le système métrique, l’autre sur le mile. Quand on disait 10 millimètres d’un côté, de l’autre, c’était des pouces, ça n’allait pas ensemble.
Plus tard, il y a eu la même confusion entre le système métrique et le système impérial pour l’envoi d’une sonde en orbite autour de Mars. Elle devait se trouver à environ 150-226 km d’altitude. Mais elle s’est retrouvée à 57 km seulement ! Elle s’est donc consumée dans l’atmosphère !
Le télescope Hubble voyait flou, donc. Au début, panique générale. Mais la Nasa trouve la solution : envoyer en 1993 des astronautes sur le satellite, à 650 kilomètres d’altitude (le maximum que l’on pouvait faire à l’époque) et accrocher sur la caméra une optique qui corrige la prise de vue. Ça y est, le télescope voyait net !
En 1995, il prend cette photo, au cœur de la nébuleuse de l’Aigle. Apparaît un nuage de gaz et de poussière, en trois « piliers », qui se déplace parmi les étoiles. Les couleurs sont recomposées. Normalement, la nébuleuse apparaît rose à nos yeux. Mais pour mieux visualiser la distribution de la matière, se rendre compte des éléments chimiques qui la composent, on a attribué une couleur à chacun : bleu pour l’oxygène ionisé, vert pour l’hydrogène alpha et rouge-orangé pour les émissions du soufre ionisé.
Ce que Hubble ne voit pas, c’est que plein d’étoiles sont en train de naître dans ces piliers. Car il ne voit que le proche infrarouge. C’est le nouveau télescope, James Webb qui peut les voir. Ils sont complémentaires.
Angle mort
La zone noire est là pour des raisons techniques. Elle permet de calibrer l’image. Les concepteurs (la Nasa et l’Esa, à 15 %) n’avaient pas pensé à faire de Hubble un instrument artistique, mais comme le grand public s’est demandé ce qu’était cette zone noire, les équipes ont amélioré le satellite en ajoutant une caméra détectant le proche infrarouge notamment. Il n’y aura plus d’autre mission de maintenance, car les décollages et la rentrée atmosphérique en navette spatiale sont trop dangereux. Il y a eu deux accidents et quatorze morts. Et entre deux missions, il fallait remplacer presque totalement la navette, ce qui représentait jusqu’à 35 % du budget de la Nasa !
Aujourd’hui, sans navette, on est incapables d’aller réparer le télescope. Peut-être qu’un jour, on enverra une fusée pour l’attraper et le détruire dans l’atmosphère de la Terre. Il ne faut surtout pas le détruire dans l’Espace, sinon on se retrouverait avec des millions de pièces en orbite tournant à 28 000 km/h !
Hubble, qui pourrait fonctionner jusqu’en 2030, a permis d’estimer l’âge de l’Univers (à 13,8 milliards d’années), de détecter la présence des trous noirs galactiques, l’accélération de l’expansion de l’Univers ou encore la matière noire. Avant son lancement, on estimait qu’il y avait 10 milliards de galaxies dans l’Univers. Il a fait monter le nombre entre 100 à 200 milliards puis 2 000 milliards.
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Sur les traces des plages disparues
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Des chercheurs ont retracé l’évolution du trait de côte en Bretagne grâce à l’analyse de sédiments qui ont enregistré la montée des océans sur notre littoral. De quoi dresser un parallèle entre notre ère et il y a 130 000 ans.
Il arrive que nous marchions sans le savoir tout près des derniers vestiges de plages disparues. En bord de mer, des dépôts de sédiments vieux de dizaines de milliers d’années se cachent entre des amas rocheux ou des dunes érodées. Des chercheurs des laboratoires Géo-Océan (à Vannes) et Géosciences Rennes ont analysé et daté ces particules de 24 sites bretons pour étudier les variations du niveau de la mer au cours des 130 000 dernières années.
L’histoire se répète
Depuis 2,5 millions d’années, le climat mondial oscille entre des épisodes glaciaires, au cours desquels la mer descend jusqu’à 100 m (cycles régressifs) et des épisodes interglaciaires au cours desquels elle connaît une montée de magnitude similaire (cycles transgressifs). Cette succession cyclique s’est répétée plus de vingt fois. L’une des conséquences évidentes de ces cycles est le déplacement du trait de côte de dizaines de kilomètres, ce qui change radicalement la morphologie du paysage. « Imaginez la Manche sans eaux océaniques comme une grande plaine inondable, avec la Bretagne et sa plateforme continentale découverte sur son versant sud », propose Carlos Arce-Chamorro, aujourd’hui chercheur à l’Université de La Corogne, en Espagne, et principal auteur de l’étude.
Nous nous trouvons aujourd’hui à un stade très avancé d’une phase interglaciaire appelée Holocène. Indépendamment des effets de l’activité humaine sur le réchauffement du climat, le niveau des océans monte depuis 15 000 ans de manière naturelle. La ligne de côte s’est petit à petit déplacée vers l’intérieur. « Les restes de plages fossiles que nous voyons sur le littoral nous indiquent que la mer a un jour atteint cette hauteur. Le défi est de savoir quand », résume le chercheur. Pour cela, les scientifiques ont utilisé la datation par luminescence stimulée optiquement, une méthode qui permet de mesurer le temps écoulé depuis la dernière exposition à la lumière des deux minéraux les plus abondants sur Terre : le quartz et le feldspath. « Les âges calculés indiquent qu’entre 130 000 et 120 000 ans, la ligne de côte se situait jusqu’à 4,5 m au-dessus du niveau actuel sur 14 sites, indique Carlos Arce-Chamorro. La formation de ces plages coïncide avec un épisode transgressif interglaciaire connu sous le nom d’Eemien. »
La mer monte
Selon d’autres travaux scientifiques, le niveau de la mer a également atteint 4,5 m de plus que l’actuel au sud du Royaume-Uni, sur l’île de Jersey et en Normandie. « Dans un contexte de cycles glaciaire-interglaciaire, il est logique que la montée du niveau de la mer pendant l’interglaciaire Holocène actuel atteigne le même niveau de +4,5 m », anticipe le chercheur.
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