PB8, l’ange gardien d’Artemis II

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N° 436 - Publié le 6 mars 2026
© LUCIEN MACÉ

Une partie de la réussite de la mission Artemis II se joue à Pleumeur-Bodou, grâce à une poignée de radioamateurs.

Nom : PB8. Hauteur : 18 mètres. C’est l’une des antennes paraboliques blanches qui entourent le Radôme, cette grande sphère immaculée, située dans l’ancien Centre de télécommunications par satellite de Pleumeur-Bodou (Côtes-d’Armor), pionnier des liaisons intercontinentales dans les années 1960. En janvier, l’antenne PB8 a été sélectionnée par la Nasa pour suivre en télémétrie1 le vaisseau spatial Orion pendant la mission Artemis II, qui doit signer le retour des humains autour de la Lune.

L’antenne va suivre automatiquement le vaisseau Orion lorsqu’il se déplacera dans notre ciel.

« Nous faisons partie des 34 stations retenues dans le monde », se réjouit André Gilloire, président de l’association de passionnés des télécoms ORPB2. Ils ont pris en main PB8 en 2007, et l’ont d’abord « utilisée comme un radiotélescope, pour recevoir les émissions très faibles venant du cosmos ». Puis ils ont développé la communication par écho lunaire. « Nous pouvons faire des liaisons avec d’autres stations sur Terre en utilisant la Lune comme un miroir », explique-t-il. Elles nécessitent un contrôle très précis de l’antenne.

Affiner la trajectoire

Toutes ces compétences leur ont permis de répondre à l’appel d’offres de la Nasa. « La taille de PB8, 13 mètres de diamètre, a été déterminante. Car elle peut recevoir plus facilement des signaux faibles », indique Lucien Macé, secrétaire de l’association, qui a dû lui-même construire un nouveau capteur. Un investissement de 1 000 euros pour ces amateurs. « Les vaisseaux spatiaux émettent sur une bande de fréquences qui leur est réservée. Ce sont des ondes courtes, comparables à celles des fours à micro-ondes », précise André Gilloire. Initialement prévu début mars, le lancement est reporté à une date ultérieure. « Pendant les dix jours de la mission, l’antenne va suivre automatiquement le vaisseau Orion lorsqu’il se déplacera dans notre ciel, et nous enverrons des données à la Nasa. Elles serviront à affiner la vitesse et la trajectoire de la capsule », explique Lucien Macé. Une belle reconnaissance pour le travail de ces bénévoles.

ÉLODIE PAPIN

1. Procédé de mesure des distances

2. Observation radio Pleumeur-Bodou

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Le cerveau des femmes, plus menacé par les polluants ?

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N° 436 - Publié le 6 mars 2026
© SPENCER QUAST / UNSPLASH

Longtemps négligées par la science, les particularités du cerveau féminin font depuis peu l’objet d’études qui tendent à montrer des différences dans l'impact de l’environnement et des pollutions sur la santé cérébrale.

Le cerveau des femmes serait-il particulièrement en danger ? C’est en tout cas ce que laissent à penser de récentes études en épidémiologie, dont les dernières avancées seront présentées à l’occasion de la 10e édition de la Semaine du Cerveau à Rennes, qui met cette année à l’honneur le cerveau au féminin à travers une dizaine de manifestations et de conférences.

Si la question des inégalités de santé cérébrale1 entre les femmes et les hommes est encore débattue, c’est parce que « pendant des décennies et jusque très récemment, la référence dans la recherche en santé a été le modèle masculin, explique Noémie Letellier, épidémiologiste à l’Irset2. Quand on s’intéressait à la santé des femmes, c’était généralement pour faire de la “santé bikini”, c’est-à-dire pour les organes recouverts traditionnellement par un maillot de bain. Mais cela commence à changer, et depuis quelques années, on se penche enfin sur les inégalités de genre en santé cardiovasculaire et cérébrale ». Ce qui explique le retard pris par les études, alors que les femmes sont statistiquement plus impactées par la maladie d’Alzheimer, ou encore les troubles anxieux et dépressifs.

Impact de l’environnement

Mais pourquoi le cerveau des femmes réagirait-il différemment aux risques environnementaux3 que celui des hommes ? D’abord, parce que statistiquement, les femmes sont plus exposées à certaines substances chimiques présentes dans les produits du quotidien. « On estime qu’en moyenne, une femme utilise seize produits de soin par jour, alors que les cosmétiques peuvent contenir des perturbateurs endocriniens dont l’effet sur le cerveau est de plus en plus documenté, argumente la chercheuse. Elles sont aussi plus exposées aux risques psycho-sociaux, comme les violences, la charge mentale ou la précarité, et elles exercent plus souvent des métiers précaires : la souffrance psychique en lien avec le travail est deux fois plus élevée chez les femmes que chez les hommes. » Ce sont les normes sociales et les stéréotypes de genre qui expliquent en partie ces inégalités d’exposition.

Cycle biologique

Mais à un même niveau d’exposition, les scientifiques soupçonnent que l’impact pourrait être plus important sur la santé cérébrale des femmes, notamment lors des périodes spécifiques que sont la puberté, la grossesse et la ménopause. « Par exemple, les particules fines présentes dans l’air provoquent, quand elles sont inhalées, des réactions inflammatoires et du stress oxydatif, qui augmentent les risques de démence et de maladie d’Alzheimer et amplifient le déclin cognitif. La sensibilité à ces mécanismes pourrait être plus importante lors de la ménopause. »

Noémie Letellier interviendra sur le sujet le jeudi 19 mars à 18 h 30, au CHU de Pontchaillou, en compagnie de Sophie Lefevre-Arbogast et Anne-Claire Binter.

Retrouvez le programme de la Semaine du Cerveau sur www.semaineducerveau.fr

ANNA SARDIN

1. Concept incluant la capacité du cerveau à fonctionner de manière optimale tout au long de la vie, à la fois sur le plan cognitif (attention, planification, mémoire) et sur le plan de la santé mentale (régulation des émotions, du stress)

2. Institut de recherche en santé, environnement et travail

3. Entendu au sens large, à la fois les expositions chimiques, l’aménagement urbain, les facteurs de risque psycho-sociaux, etc.

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Pourquoi y a-t-il des singes à Paimpont ?

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N° 436 - Publié le 6 mars 2026
© JULIEN LE BONHEUR

En Ille-et-Vilaine, des chercheurs en éthologie étudient le comportement de primates pour mieux comprendre la manière dont ils communiquent.

Cercopithèques diane, singes de Brazza, Mone de Campbell et Mangabey à collier blanc : en pleine forêt de Brocéliande, la Station biologique de Paimpont abrite une trentaine de singes de quatre espèces originaires d’Afrique. Une présence surprenante, « qui s’explique par des raisons historiques et scientifiques », amorce Alban Lemasson, enseignant-chercheur à l’Université de Rennes et co-responsable du centre de primatologie de Paimpont.

Nés en captivité

Il faut remonter aux années 1960, quand « des primatologues de l’Université étudiaient les singes au Gabon, où un centre recueillait des orphelins du braconnage, poursuit le scientifique. Après l’indépendance du pays, ces animaux qui ne pouvaient plus être réintroduits dans la nature ont été rapatriés à la station. » Les primates actuels, tous nés en captivité, sont donc soit les descendants de ces singes, soit le produit d’échanges avec des parcs zoologiques, nécessaires pour éviter la consanguinité et maintenir des structures sociales stables1.

Le centre est rattaché au laboratoire CEEC2, qui étudie l’évolution de la communication des primates pour retracer l’émergence du langage humain. Les éthologues travaillent à partir d’observations de terrain, mais cela ne suffit pas toujours. « Dans la nature, certaines espèces vivent à 30 ou 40 mètres de haut, nous avons très peu accès à leurs interactions sociales », explique Alban Lemasson. La proximité est aussi empêchée « par des raisons éthiques et sanitaires liées à la transmission de maladies », complète Maël Leroux, enseignant-chercheur à l’Université de Rennes et co-responsable du centre de primatologie.

Des méthodes non-invasives

La captivité permet ainsi de lever certaines barrières. Elle rend par exemple possible le fait de filmer les animaux avec une caméra thermique pour analyser leur état émotionnel3. « La plupart du temps, nous ne faisons qu’observer. Parfois on tente d’évaluer leurs capacités cognitives, en leur proposant des activités avec des tâches de pointage ou des diffusions de sons et de vidéos d’autres singes », insiste Alban Lemasson. D’ailleurs, chaque étude, même simplement observationnelle, nécessite une autorisation éthique indépendante du laboratoire4.

« On ne touche jamais les animaux », appuie Céline Nicolle, soigneuse animalière à la station, qui s’occupe au quotidien des primates et dont la bonne connaissance des individus permet parfois de guider les chercheurs dans leurs expérimentations. « Entre le protocole et son application, il peut y avoir un écart. Par exemple, si je sais qu’un individu est plus craintif qu’un autre, cela peut aider à ajuster un dispositif et gagner du temps », illustre la technicienne, pour qui le métier « consiste à faire en sorte que les singes aillent le mieux possible dans le meilleur environnement qui soit, même s’il est évident que nous ne pourrons jamais leur apporter tout l’espace dont ils disposeraient dans la nature ».

VIOLETTE VAULOUP

1. Certaines espèces vivent en groupe multifemelles / multi-mâles et d’autres en groupe uni-mâle / multifemelles. Il est donc important de gérer le nombre de femelles et de mâles pour maintenir des groupes sociaux stables

2. Centre d'étude en éthologie et cognition

3. Corrélé à la température de certaines parties du corps

4. Elle est délivrée par le ministère en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche, après avoir été soumise à l’avis d’un comité d’éthique enregistré auprès de celui-ci.

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Du Big Bang au skateboard

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N° 436 - Publié le 6 mars 2026
© GUY BESCOND

Au skatepark de Plougastel-Daoulas, l’événement Science comes to town a proposé une odyssée scientifique à travers le temps pour expliquer l’éveil de l’Univers et l’apparition de la vie aux jeunes publics. Une démarche originale de sensibilisation scientifique.

Rendez-vous le 31 janvier au skatepark de Plougastel-Daoulas près de Brest. Au programme de cette journée, une proposition originale, au titre accrocheur : S’éveiller, du Big Bang au skateboard. Cet événement organisé par Océanopolis et le P.L.O Skateclub, le club local, marque le début du projet européen Science comes to town1, qui vise à lier sur toute l’année 2026 sciences et citoyens par des échanges, conférences et activités innovantes dans les villes de Brest, Kiel (Allemagne) et Split...
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À Brest, Ressac va faire son show scientifique

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N° 436 - Publié le 6 mars 2026
© IRÈNE MOPIN, FIONA MAGALDI / ENSTA / LAB-STICC

La deuxième semaine de mars sera consacrée à un grand festival entièrement gratuit mêlant arts et sciences, pour captiver le grand public et faire rayonner, et avancer la recherche universitaire.

Des mathématiques au monde post-pétrole en passant par le vagin et la data : pour sa quatrième édition, le festival biennal Ressac, organisé à Brest par l’Université de Bretagne Occidentale (UBO), n’a pas lésiné sur la diversité des thématiques. « Le programme de cette année tourne autour de l’idée de transition, qu’elle soit écologique, numérique, sociétale, ou plus abstraite, commence Étienne Hendrickx, vice-président culture, science et société de l’UBO et co-directeur du festival. Il nous a...
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