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Le sucre, entre plaisir et ravages

N° 414 - Publié le 30 novembre 2023

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Le sucre, or blanc devenu opium du monde

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La fabuleuse aventure du sucre

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Quand il rime avec plaisir

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Les édulcorants, un substitut pas si innocent

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Une question de survie

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Grippe aviaire : les animaux sauvages en première ligne

Actualité

N° 414 - Publié le 30 novembre 2023
@ MICHAELA / PIXABAY
Le virus de la grippe aviaire touche aujourd'hui une cinquantaine d'espèces de mammifères.

La crainte monte alors que les scientifiques soupçonnent une endémisation du virus de l’influenza aviaire en France et que celui-ci touche des espèces et des zones jusqu’ici épargnées.

Automne 2021. Comme chaque année à la même période, la grippe aviaire fait son retour en France. Mais cette fois, l’épizootie est bien plus violente. Entre novembre 2021 et mai 2022, plus de 16 millions d’animaux sont abattus dans les élevages. Si l’épidémie finit par ralentir, le virus, lui, ne disparaît pas complètement. « Depuis, des cas d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP, Ndlr) sont détectés dans la faune sauvage alors que jusqu’ici c’était une maladie saisonnière, qui revenait avec les oiseaux migrateurs », indique Béatrice Grasland, responsable du laboratoire national de référence sur l’influenza aviaire à l’Anses1, à Ploufragan (Côtes-d’Armor). S’il est encore trop tôt pour conclure à une endémisation du virus, les soupçons sont très forts.

Une histoire de timing


La maladie s’installe et touche des espèces jusqu’ici épargnées, comme les fous de Bassan, les goélands ou les vautours. « C’est une histoire de timing, explique Béatrice Grasland. Le virus circulait à un endroit et à un moment où les oiseaux se sont réunis pour nidifier. » Conséquences : une mortalité extrêmement importante et des élevages désormais exposés toute l’année. Un vaccin a toutefois été développé pour les palmipèdes, dont la vaccination en élevage a démarré en octobre. Mais quid de la faune sauvage ? Aux États-Unis, une centaine de condors de Californie doit par exemple être vaccinée afin de protéger l’espèce, très menacée.
Mais en France, vacciner les oiseaux sauvages est loin d’être à l’ordre du jour. Pourtant, « on l’a déjà fait avec succès sur d’autres animaux, comme les renards contre la rage dans les années 1980, à l’aide d’appâts vaccinaux », souligne Franck Fourès, directeur de l’Agence nationale du médicament vétérinaire, à Fougères (Ille-et-Vilaine). Mais contre l’influenza aviaire, la tâche serait autrement plus ardue.
« On parle de l’avifaune mondiale, avec des oiseaux migrateurs et une énorme diversité d’espèces », poursuit-il. Sans compter qu’il faudrait attraper chaque oiseau pour le vacciner, puis faire des rappels, ce qui semble impossible.

Des mammifères contaminés


Pendant ce temps, le virus poursuit sa course et touche désormais les mammifères. Une cinquantaine d’espèces a été contaminée par l’IAHP, « on n’a jamais eu autant de détections », déplore Béatrice Grasland. Ce sont des carnivores, comme des ours, des phoques ou des renards dont les scientifiques supposent qu’ils ont mangé des oiseaux malades. Environ 20 000 otaries sont mortes rien qu’au Pérou et au Chili, recense le Comité scientifique pour la recherche antarctique. Petit à petit, l’influenza aviaire gagne des territoires jusque-là préservés. Fin octobre, le virus a été détecté sur l’île Bird, dans l’Archipel de la Géorgie du Sud. « Il se rapproche dangereusement de l’Antarctique, ce serait désastreux s’il l’atteignait. Il y a là-bas des colonies d’oiseaux très denses », craint Béatrice Grasland.

VIIOLETTE VAULOUP

1. Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail.

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Martial Caroff, le géologue derrière la plume

Actualité

N° 414 - Publié le 30 novembre 2023
© VIOLETTE VAULOUP

Mi-novembre, le géologue breton Martial Caroff a reçu le prix du Quai des Orfèvres pour son dernier roman, une intrigue policière dans le monde de la recherche.

« J’étais avec mon chien dans la véranda quand ils m’ont appelé. Il n’a rien compris mais moi j’étais très content », se souvient Martial Caroff. Début septembre, ce chercheur en magmatologie à l’UBO1, à Brest, apprend qu’il est l'heureux lauréat du prix du Quai des Orfèvres, qui récompense chaque année le meilleur manuscrit d’un roman policier inédit. Disponible depuis mi-novembre en librairie, Ne me remerciez pas !2 est le 27e livre du Finistérien.

Passions sombres


Écrit spécialement pour le prix du Quai des Orfèvres, le roman suit l’enquête du commissaire Kestner et de son équipe sur les traces d’un meurtrier qui sévit dans le monde de la recherche. À travers la fiction, le géologue de 59 ans montre ainsi les coulisses d’un laboratoire de climatologie. « Je me suis servi de mon vécu mais c’est une fiction policière, ce sont les passions humaines les plus sombres qui ressortent, précise d’emblée l’écrivain. Dans mon livre on se déteste et on s’assassine, ça ne se passe évidemment pas comme ça dans la réalité », prend-il la précaution de préciser.
Attablé dans le bistrot où il nous a donné rendez-vous, Martial Caroff remue dans tous les sens. Les lunettes qui pendent au bout de leur cordon oscillent au rythme de sa gestuelle. On devine que ses mains sont agitées depuis longtemps ; « J'ai toujours voulu écrire », confirme-t-il. Après avoir hésité entre les sciences naturelles et des études de lettres, il penche pour les premières mais garde « la littérature dans un coin de [sa] tête ».
Ne me remerciez pas ! est son premier livre après une pause de six années. « Je me suis brûlé les ailes, j’avais un rythme excessif, confie le chercheur. Pendant dix ans j’ai publié deux bouquins par an en plus de mon activité d’enseignant-chercheur. » Mais pour Martial Caroff, écrire est plus qu’un passe-temps. Il raconte sa frustration, parfois, de travailler un ou deux ans sur une publication scientifique puis de constater qu’elle n’est lue que par un cercle très restreint. « J’avais besoin d’élargir mon lectorat, d’écrire pour le grand public », lance-t-il en alignant machinalement des feuilles qu’il vient de déranger, comme pour garder ses mains occupées. Toujours. 

Un travail d’horloger



« C’est dur d’écrire un roman policier, tout a déjà été fait », sourit le chercheur. Lui a sa méthode : tout est prévu dès le début, chaque péripétie, chaque coup de théâtre, jusqu’au nom du coupable. C’est un travail d’horloger qu’il ne faudrait d’ailleurs pas trop exposer. « Ne dîtes pas tout », insiste-t-il, un peu inquiet à l’idée que nous dévoilions les rouages de sa mécanique, qui laisseraient entrevoir l’assassin. Ce que nous pouvons assurer, c’est que le commissaire Kestner pourrait reprendre du service. Une suite est en préparation. « Il y a déjà un peu de viande sur le squelette », comme le dit celui dont le verbe semble décidément taillé pour les intrigues criminelles.
 

VIIOLETTE VAULOUP

1. Université de Bretagne Occidentale.
2. Publié aux Éditions Fayard (2023).

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