Rencontre de fin d'année pour les membres du Pôle Bretagne culture scientifique

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Membres du Pôle Bretagne culture scientifique présent au Planétarium de Bretagne le 18/12/2025
Espace des sciences

Le 18 décembre 2025
Les acteurs du Pôle Bretagne culture scientifique se sont réunis au Planétarium de Bretagne, à Pleumeur-Bodou, pour préparer les projets à venir et continuer la rédaction de leur Charte.

Les membres du pôle ont beaucoup discuté autours de l’avenir du magazine Sciences Ouest et notamment d’une volonté de mieux représenter les structures de culture scientifique bretonnes dans ses pages. La réunion a permis de dresser le bilan de la Fête de la Science 2025, qui a rassemblé plus de 37 000 participants en Bretagne, dont 15 000 scolaires, grâce à plusieurs villages des sciences, parcours et ouvertures exceptionnelles de sites. 

Enfin, deux projets structurants ont été présentés : 

  • Science Comes to Town, qui fera de Brest une Capitale européenne des sciences en 2026 avec des événements ouverts à tous. 
  • Ainsi que les mallettes pédagogiques MERITE de l’école IMT (Institut Mines-Télécom) Atlantique, destinées à développer l’expérimentation scientifique en classe. 

Les membres du pôle ont même pu s'accorder un moment d'évasion en visionnant la séance Pink Floyd Dark Side of the Moon actuellement à la programmation du planétarium de Bretagne ! 

Cette rencontre s’est placée sous le signe du partage, de l’innovation et de l’engagement en faveur de la culture scientifique pour toutes et tous.

30 millions de nouveaux gènes dans l’océan Austral

Actualité

N° 437 - Publié le 30 mars 2026
© ENO
Loïs Maignien (à droite) collectant un échantillon de neige.

Une étude menée sur dix ans révèle une diversité génétique inconnue jusqu’alors chez les micro-organismes des eaux polaires. Elle pourrait permettre une meilleure compréhension de cet écosystème.

Autour du Pôle Sud, les eaux de l’océan Austral sont encore bien loin d’avoir révélé tous leurs secrets. Mais une équipe de chercheurs de l’IUEM1, à Plouzané, près de Brest, est bien décidée à les percer. À partir de prélèvements effectués en 2016 et au prix de dix années de recherche, ils viennent d’aboutir à cette découverte : au moins un tiers des 90 millions de gènes identifiés grâce à ces relevés n'a jamais été observé. « Il est courant de trouver des gènes dont on ne connaît pas précisément la fonction, mais déjà observés à un endroit ou à un autre du globe, explique Loïs Maignien, enseignant-chercheur en biologie marine à l’Université de Bretagne Occidentale et co-auteur de l’étude. Ce qui est inédit ici, c’est que même en comparant ces données avec celles de l’océan Arctique, l’autre océan polaire, ces gènes n’ont jamais été trouvés ailleurs. C’est littéralement du jamais-vu, et nous n’avons aucune idée de leur fonction. »

Un océan d’inconnus


Leurs recherches montrent également que les micro-organismes qui peuplent ces eaux se répartissent très inégalement, en formant des sortes de « mondes microbiens spécifiques à certaines masses d’eau » : de la même manière que les animaux se répartissent sur les continents, mais en trois dimensions ; à chaque strate ses communautés et leurs spécificités. « L’objectif initial était de constituer un atlas génétique de l’océan Austral, qui reste à ce jour l’une des zones les moins connues de la planète, contextualise le chercheur. Il a été très peu étudié en raison des difficultés d’accès liées à la météo et à l’englacement de l’eau la moitié de l’année. » Un travail de longue haleine, puisque les micro-organismes filtrés dans les échantillons d’eau de mer, une fois rapatriés en laboratoire et envoyés au centre de séquençage de l’ADN, reviennent sous forme de gigantesques fichiers composés de suites ininterrompues de nucléotides2 (A, T, G, C).

Recherches décisives


Commence alors « un puzzle géant de plusieurs millions de pièces pour remettre ensemble ces séquences génétiques et leur donner un sens. C’est un peu comme essayer de lire un livre où tous les mots seraient mélangés, écrits sans espace et sans ponctuation », compare Loïs Maignien.
Des analyses compliquées qui pourraient mener à d’importants progrès dans la compréhension du cycle écologique de cet océan. Et cela tombe bien, car la zone constitue la plus grande source d’incertitude pour les scientifiques qui cherchent à prévoir les climats futurs : impossible aujourd’hui de prédire l’impact de la fonte des glaciers continentaux sur son fonctionnement, par exemple, « ni même de savoir si cela va avoir des effets positifs ou négatifs sur sa capacité à absorber les émissions de CO2 liées aux activités humaines », alors que le rôle de mitigation3 de l’océan Austral est majeur.

Anna Sardin

1. Institut universitaire européen de la mer.
2. Molécules organiques composées d'une base azotée (ou base nucléique), d'un ose à cinq atomes de carbone (pentose), dont l'association forme un nucléoside, et enfin de un à trois groupes phosphate.
3. Action naturelle qui réduit les dommages liés au changement climatique.

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Comment rendre les toilettes scolaires plus fréquentables ?

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N° 437 - Publié le 30 mars 2026
© RDNE STOCK PROJECT / PEXELS

En Bretagne, un projet participatif s’intéresse aux toilettes scolaires pour mieux en comprendre les usages et améliorer le bien-être des élèves.

Depuis 40 ans et partout dans le monde, des scientifiques dressent le même constat : environ un tiers des élèves évitent les toilettes scolaires. « Physiologiquement, un enfant ou un adolescent a besoin d’uriner trois à huit fois par jour, il n’est pas normal de se retenir toute une journée », rappelle pourtant Emmanuelle Godeau, enseignante-chercheuse en santé publique à l’EHESP1, à Rennes.
Depuis 2024, elle coordonne le projet Repacotoly2, financé par la Région Bretagne, dont le second volet débute ce mois-ci, après une étude menée dans un collège et un lycée bretons. Entretiens, observations et questionnaires ont confirmé que trop d’élèves évitent d’uriner ou de déféquer à l’école parce que « ça sent mauvais, c’est sale et on peut entendre ce qu’on y fait », résume la chercheuse, dont l’équipe voulait identifier des solutions, dans une optique participative.

Un espace complexe


Les élèves se sont donc emparés des données récoltées pour produire des supports ludiques ayant pour but d’initier le dialogue autour de ce lieu si particulier. Situées en marge de l’institution, les toilettes jouent en effet un rôle important. À l’heure de la puberté, il s’y joue un certain rapport au corps et au genre. C’est aussi parfois un lieu de trafic et de harcèlement, mais surtout un endroit où l’on se réchauffe l’hiver et où les filles se retrouvent entre elles.
Avant de participer au projet, Katell Quéhé, principale du collège Échange, à Rennes, ne se doutait pas qu’il s’agissait d’un espace si complexe. « En tant qu’adulte, on aborde souvent le sujet par les problèmes : les cuvettes bouchées, les toilettes dégradées, le gaspillage de papier… », constate-t-elle. Mais voilà qu'en l'étudiant on se rend compte que certaines dégradations peuvent s’expliquer par les stratégies mises en place pour pallier le manque de confort. « Certains remplissent par exemple le fond des toilettes de papier pour masquer les bruits », illustre Emmanuelle Godeau. Autre constat : l’accès est parfois entravé par l’accumulation de groupes de filles qui discutent et se maquillent. Depuis le passage des chercheurs, au collège Échange, « les miroirs ont simplement été déplacés à l’extérieur et le problème a disparu », se félicite Katell Quéhé.
Les chercheurs travaillent désormais sur un guide à destination des établissements, pour mettre les toilettes à l’agenda. Ils évalueront en 2027 si cela a permis un changement dans la perception et l’usage des lieux.

Pour se réfugier


« Force est de constater que les toilettes répondent à d’autres fonctions que leur but originel », observe Emmanuelle Godeau. 7 à 11 % des collégiens et lycéens interrogés déclarent s’y rendre pour pleurer ou se réfugier. « C’est le seul endroit où l’on peut être seul à l’école », analyse la chercheuse, pour qui tout cela révèle le manque d’espaces dédiés à des besoins importants, qui s’expriment donc par défaut dans les toilettes.

Violette Vauloup

1. École des hautes études en santé publique.
2. Recherche participative sur les toilettes en collège et lycée. Co-porté par l’EHESP et l’association Promotion Santé Bretagne.

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Qui craint les risques côtiers ?

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N° 437 - Publié le 30 mars 2026
© MANUELLE PHILIPPE
En Bretagne, de nombreux points de la côte sont menacés par l'érosion ou la submersion.

Une étude menée en Bretagne décortique la manière dont les risques littoraux sont envisagés par les populations locales.

La Bretagne, avec ses plus de 1 770 kilomètres de linéaire côtier, est la région française la plus littorale. Si le bord de mer fait le bonheur de ses habitants, ils y sont aussi très exposés à la submersion marine et à l’érosion des côtes, des risques aggravés par les effets du changement climatique. Mais dans quelle mesure se sentent-ils concernés par le sujet ?
Pour le savoir, Félicie Hazard, ingénieure d’étude au sein du Living Lab Glaz1, et ses collègues, ont commencé début 2025 une étude sociologique sur la manière dont les sociétés littorales font face à cet enjeu assez nouveau. Elle part d’une hypothèse centrale : il peut exister un décalage entre la manière dont les risques côtiers sont définis par les scientifiques et les institutionnels et la manière dont ils sont vécus par les habitants concernés.
L’équipe a donc analysé comment les structures associatives investies sur le littoral s’emparent, ou non, de la question. « Nous avons commencé par une analyse de l’occurrence du sujet dans les journaux locaux, qui a démontré une nette augmentation des références aux risques côtiers depuis 2017, en lien avec l’institutionnalisation de ces enjeux et les conséquences des dispositifs réglementaires, explique la chercheuse. J’ai ensuite été suivre quelques associations sur le terrain, dans une démarche d’enquête ethnographique, pour observer leurs activités (réunions, actions de sensibilisation, formations) et réaliser des entretiens avec leurs membres. »

Journée d'étude


Si le travail est toujours en cours, des perspectives se dégagent. « Il existe en fait très peu de collectifs structurés autour de la question des risques côtiers dans la région », observe Félicie Hazard. Au contraire, ils sont généralement utilisés comme argument supplémentaire dans des mobilisations plus larges, par exemple pour la protection d’un espace littoral, à mesure que la question émerge. « Les formes de politisation sur ces enjeux sont ténues et limitées, à la fois spatialement et socialement. » Une journée d’étude pour faire dialoguer les acteurs concernés se tiendra à Rennes ce 3 avril.

Anna Sardin

1. Structure co-portée par de nombreux instituts de recherche bretons, ayant pour objectif de fédérer la communauté scientifique autour des transitions socio-environnementales.

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MT180, une expérience précieuse pour les futurs chercheurs

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N° 437 - Publié le 30 mars 2026
© COM UBO
Emma Lelong a participé à la finale nationale du concours en 2024.

Le concours Ma thèse en 180 secondes apporte aux doctorants des compétences bien utiles à leurs carrières scientifiques.

« C’était une vraie respiration dans nos thèses », se rappelle Simon Guihéneuf, qui a participé à la finale nationale de Ma thèse en 180 secondes (MT180) en 2021. Le principe du concours : résumer son sujet en trois minutes. Cette année, la finale régionale aura lieu à Brest, à la Médiathèque des Capucins, le 10 avril.
Les anciens doctorants interrogés gardent tous un très bon souvenir du concours. « Au fil des étapes, j’ai rencontré beaucoup de gens, dans des disciplines très différentes, venus d’universités de toute la France », se souvient Emma Lelong, finaliste nationale en 2024.

Réveiller les foules


Un long parcours qui commence par une formation organisée par le Collège doctoral de Bretagne. « J’ai appris à trouver l’équilibre entre la simplicité du message et sa justesse scientifique », raconte Camille Vautier, qui a reçu le troisième prix national en 2018.
Les compétences acquises lors de MT180 sont encore précieuses, pour les désormais chercheurs et chercheuses : afin de solliciter des financements pour leurs travaux, ou pour les présenter lors de colloques scientifiques. « J’assume beaucoup plus l’humour dans ma communication, observe Emma Lelong, ingénieure de recherche en droit pour le consortium Share the ocean1. Je suis connue par les organisateurs pour réveiller les foules. On me place en début d’après-midi, après le déjeuner ! » Les scientifiques sont souvent aussi des enseignants. « Cette idée de message clair, direct, précis, cela m’a beaucoup aidée », souligne Camille Vautier, enseignante-chercheuse en hydrogéologie à l’ENS2 Rennes, qui a été professeure quelques années en lycée.
MT180 permet également de créer son réseau. « J’y ai rencontré une chercheuse travaillant sur les algues invasives, qui a vu une application à mes travaux sur les biostabilisants, raconte Simon Guihéneuf, aujourd’hui maître de conférences en génie civil à l’Ensibs3, à Lorient. Nous avons encadré un stage de Master ensemble. »

Le petit plus dans le CV


Le concours est-il un accélérateur de carrière scientifique ? Les publications dans des revues restent un point majeur du CV, mais MT180 semble être le petit plus qui peut faire la différence. « Quand nous passons le concours pour devenir maître de conférences, nous nous adressons à un jury venu d’horizons variés. Nous devons présenter un projet d’inclusion dans un laboratoire, clair et scientifiquement robuste. C’est aussi un exercice de communication », explique Simon Guihéneuf.
Né d’un concept australien et développé en 2012 au Canada, MT180 a été lancé en 2014 en France et a rapidement rencontré son succès auprès du public. Mais les premières années, l’engouement était timide du côté des doctorants. « Nous avons fait des qualifications à quatre », se souvient Enora Leproust, formatrice à l’UBO4, qui participe à l’organisation depuis 2019. Depuis plusieurs années, les formations affichent complet5. « Nous remplissons de plus en plus vite les places disponibles », sourit celle qui reste impressionnée par les performances : « Tous les ans, je suis bluffée ! »

Élodie Papin

1. Consortium de recherche travaillant sur la réduction des collisions entre les navires et les cétacés.
2. École normale supérieure de Rennes.
3. École nationale supérieure d'ingénieurs de Bretagne Sud.
4. Université de Bretagne Occidentale.
5. 32 doctorants bretons participent aux sélections en vue de la finale régionale cette année.

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Pois et lentilles : de plus en plus d'allergies

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N° 437 - Publié le 30 mars 2026
© PBD STUDIO / ADOBE STOCK

Les chercheurs observent une hausse des réactions sévères à ces deux légumineuses. Une évolution qui interroge sur l’impact des nouveaux modes de consommation et de transformation des aliments.

Entre fin 2017 et début 2022, les déclarations d’anaphylaxie au pois et à la lentille ont augmenté de 56 %. Des données qui soulèvent quelques questions, à commencer par celle-ci : comment devient-on allergique ? 

Sensibilisation et déclenchement


6,6 % des Européens sont concernés par une allergie alimentaire. « C’est une réaction excessive du système immunitaire envers un aliment normalement inoffensif, qui est reconnu comme une menace et déclenche une réponse pathologique », souligne Wieneke Dijk, chargée de recherche à l’Inrae1 au sein de l’unité BIA2, à Nantes. Toutes les allergies suivent le même schéma : d’abord une phase de sensibilisation à l’allergène (la plupart du temps une protéine), souvent invisible et sans réaction. Puis une phase de déclenchement, qui se traduit par la réaction allergique. La sensibilisation peut d’ailleurs se faire par voie cutanée ou aérienne, par exemple au contact de pollens contenant des protéines similaires à celles de certains fruits et légumes3.
« Les raisons pour lesquelles certains développent une allergie et pas d’autres sont à la fois génétiques et environnementales, explique Marie Bodinier, directrice de recherche à l’Inrae et responsable de l’équipe Allergie de l’unité BIA. L’exposition aux polluants ou aux antibiotiques peut par exemple favoriser leur déclenchement. » L’exposition à un allergène à l’échelle d’une population joue aussi beaucoup. « Ainsi, l’allergie au riz est relativement fréquente au Japon et celle au maïs au Mexique », illustre Wieneke Dijk.

Protéines de pois


En France, le Réseau d’allergo-vigilance recense les cas d’anaphylaxies sévères. Entre 2002 et 2022, il a enregistré 39 anaphylaxies au pois et à la lentille, soit 1,47 % des cas, et constate une hausse depuis quelques années. « Les données sont envoyées sur la base du volontariat par les médecins, elles sont probablement sous-estimées », précise la chargée de recherche.
L’une des pistes d’explication de ce phénomène réside dans la probable augmentation de la consommation de pois et de lentille, en particulier chez les personnes suivant un régime végétarien ou végan. Mais aussi dans l’évolution des modes de consommation. « Les protéines de pois sont de plus en plus incorporées à de nombreux produits par les industriels, par exemple pour améliorer le croustillant de frites au four ou augmenter l’apport protéique de plats », note Wieneke Dijk. Outre la présence accrue de protéines, « on se demande aussi dans quelle mesure la transformation favorise le risque allergique », ajoute Marie Bodinier. Aujourd’hui, en Europe, quatorze allergènes alimentaires font l’objet d’un étiquetage obligatoire. Pour Wieneke Dijk, cela ne fait pas de doute : « Ajouter le pois et la lentille permettrait de mieux protéger les personnes allergiques. »

Violette Vauloup

1. Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement.
2. Laboratoire biopolymères interactions assemblages.
3. Une personne allergique au pollen de bouleau peut ainsi présenter une réaction allergique en mangeant une pomme car son organisme reconnaît le même type de protéine, des PR 10.

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Des sciences ludiques en pédiatrie

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N° 437 - Publié le 30 mars 2026
© TANGI LEROUX
Affiche de l’événement « Jouer » dans le cadre de Science comes to Town, à Brest.

Place au jeu au service pédiatrie de l’établissement de soins Ty-Yann, à Brest. Une journée d’activités ludiques a permis aux jeunes de 3 à 18 ans de suivre l’histoire d’une goutte d’eau avec des scientifiques.

« Jouer ». Voici la thématique du mois de mars pour le projet européen Science comes to town, qui vise à lier sur toute l’année 2026 sciences et citoyens par des échanges, conférences et activités innovantes dans les villes de Brest, Kiel (Allemagne) et Split (Croatie). L’événement autour du jeu a pris place le 23 mars au sein du service pédiatrie de l’établissement Ty-Yann de la Fondation Ildys à Brest, un cadre particulier… 
« À l’origine, il y avait l’envie de cibler des patients d’hôpital et rapidement, le service pédiatrie a retenu notre attention pour s’adresser à un large public de 3 à 18 ans, explique Sarah Palazot, cheffe du projet Science comes to town, à Océanopolis, à Brest. On souhaitait présenter des sciences hors de la médecine, touchant à l’environnement, pour montrer qu'elles peuvent être ludiques, la thématique du jeu est donc vite arrivée. »
Centrée sur les sciences de l’eau, cette journée est l’occasion de faire dialoguer des partenaires diversifiés : l’organisme Eau du Ponant assurant l’accès à l’eau potable, l’association de protection de l’environnement Eau et Rivières de Bretagne ou encore le CHU de Brest. « Il y une volonté de travailler sur des actions différentes faisant appel aux sens, déguster plusieurs types d’eaux, écouter le son des vagues, reconnaître au toucher des matières mystères ou encore observer du plancton au microscope », énumère Sarah Palazot.

Créer des souvenirs


Une vingtaine d’élèves de la maternelle au lycée, en soins médicaux de réadaptation de l’unité d’enseignement, participent à cet événement. Présents pour différentes problématiques de santé, les jeunes patients reçoivent une prise en charge médicale sur le temps scolaire. D’où l’intérêt de présenter des activités accessibles en fauteuil roulant et béquilles, mais aussi adaptées à de petits groupes qui peuvent être appelés pour des soins. « Cette action sort de l’ordinaire pour les enfants, ils découvrent des domaines scientifiques, ils font jouer leur esprit critique et ils apprennent en s’amusant pour créer des souvenirs, souligne Ingrid Brolon, enseignante au centre de Ty-Yann. Mais avant tout, on souhaite que les élèves passent un bon moment ensemble, ils manquent les sorties scolaires et ce type d’événement permet d’avoir l’animation qui vient à eux ! » 

Associer les publics


Chaque mois, l’événement organisé a pour objectif de rendre accessibles les sciences à de nouveaux publics de la métropole de Brest. « Déguster » au mois de mai sera centré sur des ateliers sensoriels autour de l’alimentation, co-construits avec l’association Valentin Haüy accompagnant les personnes déficientes visuelles. Juillet fera place à la création de fresques entre artistes, scientifiques et détenus de la maison d’arrêt de Brest sur le thème « Explorer ». « Dans ce projet, il y a une considération permanente pour associer les publics à l’organisation des événements et une envie d’aller vers des personnes éloignées des sciences par leurs conditions géographiques, économiques, sociales et sanitaires. Les sciences concernent tout le monde », sourit Sarah Palazot.

Fabio Perruchet

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