La fée électricité, de l’atome au courant
TOUT LE DOSSIER
du magazine Sciences Ouest
Mi-décembre, la goélette Tara a mis le cap sur le Triangle de corail, en Asie du Sud-Est, pour percer le mystère de récifs coralliens qui résistent mieux qu’ailleurs au réchauffement climatique et aux activités humaines.
Sur l’île morbihannaise d’Hœdic, un projet de recherche a tenté de retracer les usages de l’estran depuis la Préhistoire, éclairant de manière originale la vie des populations côtières.
La start-up brestoise HIT Mag, issue de l’UBO, met au point une nouvelle génération d’aimants permanents sans terres rares.
C’est une innovation de rupture qui pourrait révolutionner l’industrie des aimants. Actuellement, la production de ces composants incontournables dans de très nombreux équipements industriels ne peut s’envisager sans terres rares, dont le bilan écologique est désastreux. Mais la start-up brestoise HIT Mag, créée en octobre 2025, entend bien changer la donne.
Tout débute par une découverte réalisée « par hasard » par Jean-Luc Mattei, professeur au Lab-Sticc de l’UBO1. « Il travaillait sur de la poudre d’hexaferrites de baryum à l’aide d’une presse à champ magnétique et il a obtenu un type d’aimant, sans terres rares », raconte Antoine Hoez, docteur en chimie, qui fut son élève. Il réussit à en percer le mystère, au bout de plus d’un an de recherches. « À l’aide d’un microscope électronique à rayons X, j’ai pu identifier un composé d’hydroxyde de fer bien particulier, la goethite. Ici, l’alignement de ces tout petits cristaux formés lors de la coprécipitation assure la propriété magnétique de l’aimant. » Fort de ce résultat prometteur, Antoine Hoez a déposé une déclaration d’invention, bientôt suivie par la création d’une start-up, baptisée HIT Mag, qui a bénéficié de l’accompagnement de la SATT Ouest Valorisation2. Il en est désormais le directeur recherche et développement.
Une première levée de fonds de 1,6 million d’euros, bouclée fin 2025, va permettre à la jeune pousse d’investir dans des équipements et du personnel. « Notre siège est à Plouzané, dans les locaux de l’UBO, pour garder ce lien avec l’université. Nous allons nous doter d’un premier outil de production à Brest dès cette année », confie Arnaud Trac, cofondateur et président. Ses travaux portent sur deux familles d’aimants permanents, les hexaferrites pour lesquels la phase d’industrialisation est proche, et les nitrures, plus puissants, dont la mise au point nécessite encore des investissements significatifs. Déjà, le Cnes3 a passé commande pour un projet spatial.
1. Université de Bretagne Occidentale.
2. La société d’accélération du transfert de technologie Ouest Valorisation est l’opérateur de valorisation de la recherche publique pour 28 établissements en Bretagne et Pays de la Loire.
3. Centre national d'études spatiales.
Des crèmes anti-âge à base de collagène de poisson, des pansements issus de crustacés ou encore du corail en guise de substitut osseux : les biomatériaux naturels ont le vent en poupe. Utilisés pour réparer ou remplacer un organe, ils présentent de nombreux avantages. Biocompatibles, biodégradables, écologiques et parfois bioactifs1, ils suscitent un intérêt croissant. Voilà pourquoi la prestigieuse revue Nature organise un colloque international sur le sujet du 10 au 12 janvier à Hong Kong. Objectif : favoriser les échanges entre recherche fondamentale et pratique clinique.
À Brest, le Lemar2 cherche à utiliser des sous-produits et résidus d’origine marine jusqu’alors peu exploités. « L’objectif est de valoriser le collagène issu de peaux de saumons atlantiques en démontrant son potentiel sous forme de biomatériau », explique Manon Buscaglia, biochimiste au Lemar. Le gel naturel ainsi récupéré sert de trame organique tissulaire, c’est-à-dire qu’il forme un réseau de fibres dans lequel les cellules osseuses peuvent s’accrocher et se multiplier. Ce procédé pourrait notamment être utilisé pour réparer un os endommagé après une maladie ou un choc. En parallèle, les chercheurs bretons extraient des composés d’algues marines et étudient leurs propriétés ostéogéniques et antibactériennes. Couplées à la matrice de collagène, ces substances pourraient « stimuler la régénération osseuse et ainsi limiter les infections dans la zone traitée ».
1. Le chitosane, extrait de la carapace des arthropodes, est par exemple antibactérien et cicatrisant.
2. Laboratoire des sciences de l’environnement marin.