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Urbex, exploration de l'abandon
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du magazine Sciences Ouest
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Des chercheurs enregistrent les sons d’une centaine de forêts du territoire métropolitain, pour dresser leur paysage sonore et mieux les protéger.
Depuis le début du mois, de petits magnétophones sont à nouveau suspendus aux troncs des arbres de 103 forêts françaises, dont trois bretonnes1. Ces boîtiers sont déployés pour la deuxième fois dans le cadre du projet Sonosylva, porté par le MNHN2 et l’OFB3. De 2024 à 2026, entre mars et septembre, ils se déclenchent soixante secondes toutes les quinze minutes, un jour sur deux, pour enregistrer les sons de la forêt.
L’objectif ? Suivre l’évolution de la biodiversité grâce à l’éco-acoustique. Chants d’oiseaux, cris d’animaux ou encore battements d’ailes d’insectes… « Tout cela va nous donner une idée du paysage sonore des milieux forestiers, encore relativement méconnu, mais aussi de la pollution sonore », explique Ludovic Crochard, coordinateur du projet au MNHN. La faune peut en effet être dérangée par des bruits inhabituels d’origine humaine, susceptibles de perturber le repos ou l’accouplement.
Cette nouvelle méthode de suivi de la biodiversité « rend possible l’étude non invasive de cortèges d’espèces plus importants avec un effort humain limité puisque nous avons besoin de peu de monde sur le terrain », souligne le chargé de projet. Les enregistrements offrent par ailleurs une vue globale du paysage sonore tout en donnant la possibilité de zoomer à l’échelle des espèces.
Chaque année, fin septembre, les boîtiers sont décrochés et les données transmises au muséum. Elles sont ensuite analysées par différents algorithmes qui permettent de balayer un éventail de problématiques très larges, « de la diversité sonore d’une forêt au déplacement de l’heure du pic d’activité selon les saisons en passant par le nombre d’avions entendus, illustre Ludovic Crochard. Nous comparerons ensuite les sites entre eux et leur propre évolution. »
1. Réserve biologique intégrale du Bois du Loch, réserve biologique intégrale de Saint-Aignan et réserve naturelle régionale des Landes de Monteneuf.
2. Muséum national d’Histoire naturelle.
3. Office français de la biodiversité.
C’est un projet de recherche original qu’ont lancé il y a un an Thibault Le Page, doctorant en anthropologie et dessinateur, et Olivia Blondel, urbaniste et sociologue : celui de l’étude des structures en botte de paille qui bordent les voies bretonnes. Ayant grandi dans le Trégor, le premier a vu « ces structures éclore au bord des routes » toute sa jeunesse, et se penche aujourd’hui sur leur histoire et les messages que peuvent y lire les automobilistes. L’objectif ? Réaliser une archéologie de ce véritable média périurbain. « Il y a une variété assez étonnante dans les formes et les sujets, constate déjà Olivia Blondel. On passe des tracteurs aux Pokémons, de l’annonce d’une fête agricole à celle d’un mariage… Au-delà des clivages politiques, ce sont des objets revendicatifs qui font dialoguer imaginaires mondialisés et nécessités locales, voire intimes. » Une première exposition réunissant photos et dessins tirés de l'enquête est prévue à l’écomusée de Ker Dreger (Finistère) cet été. D’ici là, les deux chercheurs continuent de collecter photographies personnelles et témoignages pour enrichir leur collection.