La formation, une étape clé
Urbex, exploration de l'abandon
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du magazine Sciences Ouest
Parti de Bretagne pour parcourir les confins glacés de la planète, l’explorateur continue d’inspirer, trente ans après sa disparition.
Dans les mailles de nos textiles, des fils plus ou moins tendus s’entrelacent et se tordent. Entre friction et tension, un physicien nous explique pourquoi et comment nos vêtements s’étirent et se déforment.
Les conclusions du Beauvau des polices municipales sont annoncées pour fin mars. Adrien Mével, docteur en science politique au laboratoire Arènes (Rennes), nous éclaire sur ce qui pourrait changer dans leurs missions.
Des chercheurs enregistrent les sons d’une centaine de forêts du territoire métropolitain, pour dresser leur paysage sonore et mieux les protéger.
Depuis le début du mois, de petits magnétophones sont à nouveau suspendus aux troncs des arbres de 103 forêts françaises, dont trois bretonnes1. Ces boîtiers sont déployés pour la deuxième fois dans le cadre du projet Sonosylva, porté par le MNHN2 et l’OFB3. De 2024 à 2026, entre mars et septembre, ils se déclenchent soixante secondes toutes les quinze minutes, un jour sur deux, pour enregistrer les sons de la forêt.
L’objectif ? Suivre l’évolution de la biodiversité grâce à l’éco-acoustique. Chants d’oiseaux, cris d’animaux ou encore battements d’ailes d’insectes… « Tout cela va nous donner une idée du paysage sonore des milieux forestiers, encore relativement méconnu, mais aussi de la pollution sonore », explique Ludovic Crochard, coordinateur du projet au MNHN. La faune peut en effet être dérangée par des bruits inhabituels d’origine humaine, susceptibles de perturber le repos ou l’accouplement.
Cette nouvelle méthode de suivi de la biodiversité « rend possible l’étude non invasive de cortèges d’espèces plus importants avec un effort humain limité puisque nous avons besoin de peu de monde sur le terrain », souligne le chargé de projet. Les enregistrements offrent par ailleurs une vue globale du paysage sonore tout en donnant la possibilité de zoomer à l’échelle des espèces.
Chaque année, fin septembre, les boîtiers sont décrochés et les données transmises au muséum. Elles sont ensuite analysées par différents algorithmes qui permettent de balayer un éventail de problématiques très larges, « de la diversité sonore d’une forêt au déplacement de l’heure du pic d’activité selon les saisons en passant par le nombre d’avions entendus, illustre Ludovic Crochard. Nous comparerons ensuite les sites entre eux et leur propre évolution. »
1. Réserve biologique intégrale du Bois du Loch, réserve biologique intégrale de Saint-Aignan et réserve naturelle régionale des Landes de Monteneuf.
2. Muséum national d’Histoire naturelle.
3. Office français de la biodiversité.
C’est un projet de recherche original qu’ont lancé il y a un an Thibault Le Page, doctorant en anthropologie et dessinateur, et Olivia Blondel, urbaniste et sociologue : celui de l’étude des structures en botte de paille qui bordent les voies bretonnes. Ayant grandi dans le Trégor, le premier a vu « ces structures éclore au bord des routes » toute sa jeunesse, et se penche aujourd’hui sur leur histoire et les messages que peuvent y lire les automobilistes. L’objectif ? Réaliser une archéologie de ce véritable média périurbain. « Il y a une variété assez étonnante dans les formes et les sujets, constate déjà Olivia Blondel. On passe des tracteurs aux Pokémons, de l’annonce d’une fête agricole à celle d’un mariage… Au-delà des clivages politiques, ce sont des objets revendicatifs qui font dialoguer imaginaires mondialisés et nécessités locales, voire intimes. » Une première exposition réunissant photos et dessins tirés de l'enquête est prévue à l’écomusée de Ker Dreger (Finistère) cet été. D’ici là, les deux chercheurs continuent de collecter photographies personnelles et témoignages pour enrichir leur collection.
Des papillons aux orchidées, en passant par les marguerites, les prairies naturelles hébergent une grande biodiversité. Utilisées pour l’alimentation animale, ces zones présentent aussi un fort intérêt pour le milieu agricole. Sauf que ce sont des écosystèmes très menacés en Bretagne : les trois quarts ont disparu en 40 ans.
Une étude débutée en 2024 pour quatre ans, menée par le Conservatoire botanique national de Brest (CBNB), vise à réaliser un inventaire de la végétation et un guide de reconnaissance des différents types de prairies de la région. « On veut faire prendre conscience aux professionnels bretons qui gèrent ces milieux de l’enjeu de préservation des prairies tant sur le plan environnemental qu’agronomique », révèle Élise Laurent, chargée d’études spécialiste de la flore et des habitats au CBNB. Professionnels agricoles et de l’environnement composent le comité de suivi du programme. Constituer un réseau multi-acteurs formés et sensibilisés à l’identification et à la protection de ces prairies, voici le défi de l’équipe pour 2028.
Malachite et azurite comptent parmi les oxydes de cuivre : des minéraux formés à partir de ce dernier et que l’on retrouve dans la roche. S’ils intéressent Zoé Pottier, étudiante du master 2 en Sciences de la Terre, des planètes et de l’environnement à l’Université de Rennes, c’est parce qu’elle revient du Mexique où elle a étudié le gisement de cuivre de Milpillas. En analysant des échantillons prélevés dans la mine, elle souhaite dater la formation de ces composés pour mieux comprendre la formation des gisements. « Ils sont les résultats d’infiltrations d’eau qui ont entraîné des particules dans une zone où elles se sont accumulées, ainsi que de l’érosion qui exhume ces roches. En comprenant mieux les altérations propices à la concentration du cuivre, on peut potentiellement trouver de nouveaux gisements », explique l’étudiante. Une question qui fait directement écho à l’actualité puisqu’à l’heure de l’électrification de la société, la demande en cuivre (nécessaire à la production de câbles et de batteries) est multipliée et que les gisements connus s’épuisent.