Survivre, une question d’odeurs

Les super-pouvoirs de l'odorat

N° 431 - Publié le 12 août 2025

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D’où vient l’odeur de la sueur ?

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L’odeur corporelle, une empreinte olfactive

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Que racontent les cahiers de doléances ?

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N° 431 - Publié le 12 août 2025
© PHOTO PQR / LE COURRIER DE L'OUEST / MAXPPP
Cahier de doléances aux archives départementales du Maine-et-Loire à Angers, en 2020.

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Remplis par des milliers de citoyens il y a six ans, lors de la crise des Gilets Jaunes, ces manuscrits sont en passe d’être épluchés par des chercheurs.

À peine la dernière phrase signée, ils ont été refermés et rangés aux archives départementales. Les cahiers de doléances des Gilets Jaunes, mis à disposition dans toutes les mairies de France entre janvier et mars 2019, devaient à l’époque permettre aux citoyens d’exprimer leurs revendications par écrit.
« Ils sont inspirés des cahiers de doléances écrits lors des États généraux du printemps 1789 précédant la Révolution française. Dans la culture populaire, c’est une référence très forte à un moment où il est possible de remonter ses plaintes au roi », retrace Christine Guionnet, enseignante-chercheuse en sciences politiques à l’Université de Rennes. Des choses similaires s’observent par ailleurs lors des mouvements sociaux de ces dernières années. « On sent que les citoyens ont besoin de passer par l’écrit pour rendre tangibles leurs revendications, qu’elles laissent des traces. »

Doléances diverses


On trouve dans les cahiers du mouvement des Gilets Jaunes toute forme de contributions : des doléances très arides aux slogans en passant par de longues lettres, des listes d’idées comme la mise en place du référendum d’initiative citoyenne1 ou le rétablissement de l’impôt sur la fortune. Les supports aussi sont éclectiques : certains cahiers ont été remplis sur les ronds-points, en mairie, et parfois en version numérique. « Au fond, les gens ne demandent pas qu’on règle leur situation personnelle. Ils veulent que la situation qu'ils décrivent ne puisse tout simplement pas exister », analyse Romain Benoit-Lévy, docteur en histoire moderne à l’Université Rennes 2, qui travaille avec une équipe pluridisciplinaire sur le corpus formé par les doléances du département de la Somme. « Ce qui nous a intéressés, c’est que même si certains disent “je ne suis pas Gilet Jaune” ou “je ne suis pas d’accord avec les violences commises”, on retrouve des revendications très similaires à celles du mouvement. » Le 11 mars 2025, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité une résolution demandant la diffusion et la restitution de ces cahiers. Des groupes de citoyens et de chercheurs se sont formés localement pour y travailler, comme celui constitué par des élèves de Sciences Po Rennes à l’initiative de la Région Bretagne pour étudier les quelque 9 000 doléances des quatre départements.

Revendications ignorées


Quant à savoir ce qui ressortira de ces nombreuses analyses, les chercheurs restent très prudents. « Les citoyens sont extrêmement lucides sur cet “agir communicationnel2”, c’est-à-dire le fait de donner l’illusion de pouvoir s’exprimer alors que le fond est souvent ignoré », explique Christine Guionnet. « Depuis 2017, on n’a jamais autant utilisé de formes de démocratie participative. Comme la convention citoyenne sur le climat ou sur la fin de vie, renchérit Romain Benoit-Lévy. Mais pour quels résultats concrets ? »

Anna Sardin

1. Dispositif prévoyant l’organisation d’un référendum sur la base d’un nombre donné de signatures citoyennes sans nécessiter l’accord du Parlement ou du président.
2. Notion développée par le sociologue allemand Jürgen Habermas.

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Sur les traces de la mouette ivoire

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N° 431 - Publié le 12 août 2025
© GUILLAUME EVANNO

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Dans un livre à mi-chemin entre le carnet de bord et le documentaire, un chercheur dépeint le quotidien, les rencontres et les doutes de scientifiques partis étudier la mouette ivoire au Groenland.

Thomas Broquet ne veut « ni l’attention ni les questions ». C’est même la deuxième phrase de son livre, L’oiseau des glaces, carnets de bord arctiques1, à paraître le 18 septembre. Pourtant il nous a raconté, comme il le fait dans ce récit, les coulisses de deux missions sur les traces de la mouette ivoire. « J’ai écrit un journal sans ambition d’en faire un livre, un carnet de bord des étés 2022 et 2023, c’est ainsi que ça a commencé », se souvient-il.

L’oiseau le plus au nord


Chargé de recherche à la Station biologique de Roscoff, il part alors avec deux collègues et amis, Glenn Yannic et Guillaume Evanno, à Station Nord, une base militaire danoise au Groenland. Ce qui le frappe en arrivant, c’est le contraste entre « un endroit très beau, entouré de banquise, et les vieux baraquements dispersés sur de la poussière grise. Son charme vient des gens qui y vivent », sourit-il. Des militaires, une cuisinière, des techniciens et quelques scientifiques de passage.

Après un travail initié par le Grea2 en 2003, des missions en partie financées par l’Ipev3 se succèdent depuis 2018 pour étudier la mouette ivoire, l’oiseau le plus au nord de la planète. « On ignore encore beaucoup de choses sur cet animal en déclin », souligne Thomas Broquet. Très dépendante des glaces de l’Arctique, la mouette ivoire subit directement les conséquences du dérèglement climatique. La fonte de la banquise affecte ainsi son habitat, et sa survie est menacée par l’augmentation de la fréquence de tempêtes mêlant pluie et vent, qui peuvent décimer tous les poussins d'une colonie. Les derniers chiffres font état de moins 70 % d’individus au Canada depuis 1980 et d'une diminution de 40 % au Svalbard depuis 20094.
 


© THOMAS BROQUET
Les chercheurs baguent les oiseaux capturés avant de les relâcher.
 

Espèce sentinelle


À Station Nord, les trois chercheurs ont collecté des données pour étudier déplacements, reproduction, contamination du sang aux polluants d’origine humaine comme le mercure5 ou encore habitudes alimentaires. « Pour cela, nous réalisions des captures afin de baguer et effectuer des mesures sur les oiseaux avant de les relâcher », souligne Thomas Broquet, qui a parfois patienté des journées entières avant qu’un animal ne se laisse attraper. En attendant, il sortait un cahier pour prendre les notes qui sont devenues livre, dans lequel il s’interroge aussi sur la finalité de sa mission. « Approfondir nos connaissances sur la mouette ivoire ne garantit pas sa préservation, mais renoncer à cet effort reviendrait à accepter sa possible disparition sans avoir appris plus d’elle », conclut le chercheur, qui a rempilé pour une troisième mission en juillet dernier.

L’espèce est en danger, son habitat aussi. Et si la mouette intéresse tant ces scientifiques, c’est justement parce que les deux sont très liés. « Il s’agit d’une espèce sentinelle, observer les effets du changement climatique sur cette espèce permet de mieux en saisir les impacts sur l’écosystème. »

Violette Vauloup

1. CNRS Éditions (2025).
2. Groupe de recherche en écologie arctique.
3. Institut polaire français Paul-Émile Victor.
4. Il resterait 15 à 20 000 couples reproducteurs de mouettes ivoire dans le monde.
5. C'est l'oiseau arctique avec le plus important taux de mercure relevé dans le sang.

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Thomas Ferrand, entre séismes et poésie

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N° 431 - Publié le 12 août 2025
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Spécialiste de la physique des séismes, ce chercheur parisien a contribué à l’exposition Troisième Nature aux Champs Libres, à Rennes. Et en parallèle de ses recherches, il écrit de la poésie. Rencontre.

Un cabinet de curiosités rempli de roches et de plantes trône derrière le bureau de Thomas Ferrand. Chemise et veston, colliers, bagues et boucles d’oreilles, le style du chercheur tranche avec le portrait habituel que l’on peut se faire d’un scientifique. Géologue et géophysicien, il étudie les indices fossiles révélant l’origine des tremblements de terre, au laboratoire de géologie de l’École normale supérieure de Paris. « Je me balade de la lithosphère, épaisse d’une centaine de kilomètres, aux cristaux de quelques micromètres », indique-t-il.

Une faille à Balmuccia 


Tout a commencé en 2015. Lors de son doctorat, Thomas Ferrand et son directeur de thèse partent en direction des Alpes italiennes dans la commune de Balmuccia. Ils y cherchent une faille dans le manteau terrestre, formée à plusieurs dizaines de kilomètres de profondeur et remontée à la surface lors de la formation de la chaîne de montagnes. Cette faille, produite par un séisme de magnitude 6, il y a des millions d’années, n’est large que de cinq millimètres. « Comment la matière se comporte-t-elle pendant son déchirement sur des kilomètres ? C’est la question qui m’empêche de dormir », confie le chercheur.
L’expédition avait une seconde visée : raconter au grand public la trace du tremblement de terre laissée dans le paysage. « Le photographe Grégoire Eloy nous a accompagnés sur le terrain, photographiant l’invisible pour le rendre visible. En multipliant les regards, son art nous a permis d’aller plus loin dans la compréhension du phénomène », révèle Thomas Ferrand. Un travail présenté dans le cadre de l’exposition Troisième Nature aux Champs Libres, à Rennes, jusqu’au 21 septembre.

Plusieurs milliers de poèmes


Cette visée artistique résonne en Thomas Ferrand, poète depuis le lycée. « Comment un petit gars de la campagne normande a-t-il pu en arriver à écrire de la poésie classique ? J’ai eu des professeurs de français qui aimaient la poésie et qui m’ont transmis cette passion, en affirmant qu’on avait le droit d’en écrire », sourit-il. Le scientifique a rédigé plusieurs milliers de poèmes et en a compilés une centaine au sein d’un ouvrage, Encore et jusqu’à l’Aube1. D’autres sont à venir.
Entre la physique et la poésie, Thomas Ferrand ne choisit pas. « J’écris mes poèmes sur papier, tous les jours. Quand je travaille, j’ai toujours à côté des feuilles et un crayon au cas où, précise-t-il. Le monde nous presse en permanence de choisir, je lutte contre cette idée. Sans l’écriture, je n’aurais probablement pas aujourd’hui deux diplômes d’ingénieur et un doctorat. »
Passé par Tokyo, San Diego et Berlin, le globe-trotteur s’est confronté à plusieurs cultures et visions de la science. Mais partout, la poésie l’a suivi. « Elle est pour moi une forme d’autothérapie », conclut le chercheur-poète.

Fabio Perruchet

1. Aux éditions Librairie-Galerie Racine (2015).

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La santé des femmes, trop longtemps délaissée

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N° 431 - Publié le 12 août 2025
© VIOLETTE VAULOUP
Krystel Nyangoh Timoh simule une opération grâce au dispositif très réaliste mis en place par l'équipe de recherche.

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Alors que les inégalités de genre dans la recherche et le soin sont encore considérables, des scientifiques rennais cherchent à améliorer la prise en charge des femmes lors de chirurgies gynéco-obstétriques.

Lors de ses études de médecine, Krystel Nyangoh Timoh a été frappée par l’absence de littérature scientifique sur l’anatomie pelvienne féminine. « Certaines sources dataient des années 1950, ça m’a interpellée », se souvient cette chirurgienne gynéco-obstétricienne au CHU de Rennes. Aujourd’hui encore, une simple recherche sur PubMed, la principale base de données bibliographiques en médecine, suffit à mettre en évidence le fossé qui sépare la santé des femmes et celle des hommes. « Si vous tapez “anatomie du clitoris” vous avez 1 500 articles, 23 100 pour “anatomie du pénis” », relève-t-elle.

Par et pour les hommes


Une inégalité qui a des conséquences bien concrètes. En cas d’endométriose1, l’errance diagnostique s’étale en moyenne de 7 à 10 ans. « La douleur des femmes est banalisée, aux urgences, elles ont plus de risques de se voir prescrire des anxiolytiques que les hommes », illustre la chercheuse. Autre exemple : certaines maladies touchent différemment les femmes. Les symptômes sont décrits comme « atypiques » (la norme étant construite sur le corps masculin), ce qui peut entraîner des retards de prise en charge parfois mortels. Face à cela, c’est tout un rapport à la santé qu’il s’agit de repenser. « Moins de femmes sont instigatrices de projets de recherche et ça joue, avance la chirurgienne. La médecine a été pensée par et pour les hommes. »

Depuis qu’elle a rejoint, en 2018, l’équipe Medicis au LTSI2, à Rennes, la santé des femmes est devenue un axe de recherche du laboratoire. « En tant que chercheurs, on a une immense responsabilité dans le choix de nos sujets », note Pierre Jannin, directeur de recherche Inserm3 et responsable de cette équipe spécialisée dans l’amélioration de la prise en charge chirurgicale par une approche technologique. « Nous travaillons à partir d’analyse de données : on mesure, on comprend, et on développe des pistes de solution », précise-t-il. De la dextérité à la connaissance des procédures en passant par la gestion du stress, la réussite d’un acte chirurgical repose sur un large panel de compétences, toutes prises en compte par ces chercheurs.

Simuler des opérations


En s’intéressant à la chirurgie gynéco-obstétrique, Medicis a notamment établi un référentiel de procédure pour l’hystérectomie4 et proposé des pistes pour limiter les dépressions après une césarienne d’urgence. L’équipe s’appuie également sur un dispositif permettant de simuler une opération de manière très réaliste. L’instrument est pourvu de capteurs mesurant la fréquence cardiaque, la fatigue musculaire ou encore la posture du chirurgien. Mais il est aussi utilisé pour former des internes, par exemple à l’exérèse de lésions d’endométriose. Le tout, toujours, dans l’optique d’améliorer la prise en charge. « Il ne faut pas se contenter de rattraper le retard, il faut le dépasser », sourit Pierre Jannin.

Violette Vauloup

1. Une maladie caractérisée par la présence de tissu semblable à celui de la muqueuse de l’utérus hors de la cavité utérine et qui touche une femme sur dix.
2. Laboratoire traitement du signal et de l'image.
3. Institut national de la santé et de la recherche médicale.
4. Ablation de l’utérus.

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Une plongée dans les virus de la Seine

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N° 431 - Publié le 12 août 2025
© CALYPSO LOGEL / SIAAP - DIRECTION INNOVATION
Alisa Langlais séquence le génome des virus de la Seine pour les inventorier.

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Le premier inventaire des virus de la Seine est en cours, grâce à une nouvelle technique de séquençage. Ils constituent une part insoupçonnée de nos écosystèmes.

Alisa Langlais, doctorante en microbiologie environnementale à l’unité Ecobio de l’Université de Rennes, réalise depuis 2023 un grand inventaire des virus de la Seine, dans le cadre de sa thèse en partenariat avec le Siaap1 et dirigée par Achim Quaiser, maître de conférences. Elle prélève l’eau du fleuve, à l’entrée et à la sortie de stations d’épuration. « Après filtration, je réalise l’extraction de l’ADN et de l’ARN des virus, que je prépare pour le séquençage », explique-t-elle.
Les génomes ARN ou ADN sont fragmentés en de multiples morceaux, qui peuvent être déchiffrés avec précision par un séquenceur nouvelle génération2. « Le problème, c’est que toutes les séquences des différents virus se mélangent, poursuit-elle. Ensuite, il faut les réassembler : c’est comme un puzzle. » Un immense puzzle bioinformatique, dont la résolution nécessite une importante capacité de calcul. « Depuis mon ordinateur, je fais tourner mes analyses à distance sur de puissants serveurs », précise-t-elle.

Modéliser le parcours des virus


Grâce à cette technique innovante, Alisa Langlais ouvre une porte sur l’univers nanoscopique de la Seine. « Ce qu’on trouve en majorité dans les écosystèmes aquatiques, ce sont des virus qui infectent des bactéries : les bactériophages », indique-t-elle. Les virus pathogènes pour l’humain ne représentent qu’une infime part. La doctorante examine aussi l’impact de l’agglomération parisienne sur la biodiversité virale. « Elle peut être affectée par les changements des communautés bactériennes, car les populations de virus dépendent de leurs hôtes », observe Céline Roose-Amsaleg, co-encadrante de la thèse, ingénieure de recherche CNRS en microbiologie environnementale. Grâce à un travail de modélisation, Alisa Langlais étudie la dynamique des virus : « Avec des collègues de l’Irmar3, nous essayons de modéliser ce que devient un virus dans la Seine, comment il se déplace, sédimente ou se dégrade. » Ce modèle pourrait ensuite être transposé à d’autres fleuves.

Élodie Papin

1. Syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne.
2. Sur la plateforme régionale EcogenO, à Rennes.
3. Institut de recherche mathématique de Rennes.

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Études de genre : qu’en est-il vraiment ?

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N° 431 - Publié le 12 août 2025
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Les mouvements féministes font partie des nombreux sujets couverts par les études de genre analysées dans cette publication.

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50 000 articles issus de 120 revues. C’est à partir de ce corpus colossal qu’une équipe de sociologues et de politistes a analysé la place des approches de genre et intersectionnelle1 dans les sciences sociales en France depuis le début du siècle. « À notre connaissance, c’est le premier travail de ce type », souligne Estelle Delaine, maître de conférences en sciences politiques à l’Université Rennes 2 et co-autrice de l’étude publiée ce mois-ci dans la revue Actes de la recherche en sciences sociales. Une IA a été entraînée pour l’occasion, chargée de repérer les publications intégrant une perspective de genre définie plutôt largement2. Résultat : entre 2001 et 2022, la proportion d'articles sur le sujet n’est passée que de 9 à 11,4 %, restant donc très minoritaire. L’immense majorité de ces articles a en outre été publiée par des revues spécialisées. « En conséquence, les supports généralistes sont restés un peu imperméables au genre », note Estelle Delaine. Et sans grande surprise, ce sont surtout des femmes qui les écrivent.

Polémiques


Alors qu’une supposée importance de la place du genre à l’université fait l’objet de nombreuses critiques dans l’espace médiatique, ce travail de recherche sur la recherche « apporte de la réflexivité, il permet de distinguer un ressenti et des faits  », souligne la chercheuse. Voilà en effet une étude quantitative qui prouve leur place minoritaire. « De quoi les polémiques sur la place du genre à l'université sont-elles le signe ?, s’interrogent les chercheurs. Certainement pas de l'omniprésence de cette approche. » 

Violette Vauloup

1. Mobilisant de façon simultanée les rapports de classe, de genre et/ou de race.
2. La distinction homme/femme comme variable d’analyse, l’angle des rapports sociaux de sexe, l'identité de genre, les rôles sexués, les performances de genre, l'identification et l'orientation sexuelles.

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Du plastique dans les plantes

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N° 431 - Publié le 12 août 2025
© ALEXIS CHÉZIÈRE

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« Ils sont partout, jusque dans les sols », soupire Nataliia Ryzhenko. Cette chercheuse en écophysiologie à l’Université de Rennes s’intéresse à ces toutes petites particules de moins d'un micromètre, issues de la dégradation des polymères plastiques. L’année dernière, son équipe a prouvé qu’elles étaient absorbées par les plantes, contaminant ainsi le premier maillon de la chaîne alimentaire humaine, non sans conséquences sur la santé. Une situation d’autant plus préoccupante que d’autres contaminants, comme des métaux, peuvent être transportés par les nanoplastiques dans les plantes : c’est l’effet cheval de Troie. Avec le projet Nanophyto, débuté cette année, Nataliia Ryzhenko développe une méthode pour quantifier la concentration de ces particules dans les sols et les plantes, et caractériser la manière dont elles s’accumulent dans les végétaux. « C’est un enjeu de santé publique mais aussi économique : il est nécessaire de développer des outils de mesure pour fixer des seuils limitant la quantité de nanoplastiques dans les plantes », conclut-elle. 

Violette Vauloup

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