Des milieux à exploiter ?

La forêt, un milieu à préserver

N° 425 - Publié le 24 décembre 2024

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La longue marche pour le droit à l’avortement

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N° 425 - Publié le 24 décembre 2024
© AFP
Manifestation réclamant plus d'informations sur la contraception et le droit à l'avortement, le 22 mars 1974 à Paris.

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Cela fait cinquante ans ce mois-ci qu’avorter est légal en France. Une historienne et une spécialiste du droit reviennent sur ce lent combat pour le droit des femmes à disposer de leur corps.

Le 17 janvier 1975, la promulgation de la loi sur l’IVG1, dite « loi Veil », dépénalisait l’avortement. Cet acte, jusqu’alors puni d’une peine d’emprisonnement et d’une amende, sortait de l’illégalité, « garantissant aux Françaises majeures le droit d’interrompre une grossesse jusqu’à dix semaines », précise Lydie Porée, chercheuse en histoire des mobilisations féministes à Rennes. Depuis, ce droit s’est élargi à toutes les femmes, peu importe l’âge et la nationalité, jusqu’à 14 semaines, et est totalement remboursé.

Plus tenable


C’est la publication en 1971 du manifeste des 343, en Une du Nouvel Obs, dans lequel 343 femmes déclarent avoir avorté, qui « lance la bataille pour la légalisation », raconte Caroline Delahais, docteure en droit à l’Université de Rennes. L’année suivante, au procès de Bobigny, Gisèle Halimi défend avec succès Marie-Claire Chevalier, une jeune fille qui avait avorté à la suite d’un viol et quatre femmes accusées de l’avoir aidée. « La victoire judiciaire a entraîné une forte baisse des condamnations », souligne Caroline Delahais. De 1973 à 1975, la pratique est d'ailleurs toujours illégale mais de plus en plus revendiquée. « Ce n’est plus tenable pour l’État  », résume Lydie Porée. Valéry Giscard d’Estaing charge alors sa ministre de la Santé, Simone Veil, d’un projet de réforme. 

Il faut remonter aux années 1920 pour trouver trace de l’interdiction de l’avortement dans la loi. « La France était alors en pleine hémorragie démographique après la guerre », recontextualise Lydie Porée. Mais peu importe les lois et les époques, les femmes ont toujours avorté. Ce qui change avec la loi Veil, c’est la médicalisation de l’acte. Pourtant, dans de nombreuses villes, l’IVG a connu des débuts difficiles.

« À Rennes par exemple, le chef de service de gynécologie du CHU a fait jouer sa clause de conscience2 et il a fallu que des médecins formés clandestinement avant 1975 prennent des vacations à l’hôpital pour que la loi soit appliquée », note l’historienne.

Symboles


En mars 2024, la France est devenue le premier pays à inscrire le droit à l’IVG dans sa Constitution. « Une mesure symbolique qui n’en fait pas un droit absolu pour autant », relativise Caroline Delahais. Fortement influencée par le choix de la Cour Suprême américaine de ne plus protéger l’avortement au niveau fédéral, cette décision n’empêche pas la spécialiste de rester prudente : « La Constitution garantit le principe de l’accès à l’avortement, pas ses conditions ».

Aujourd’hui 85 % des Français se déclarent très attachés au droit à l’IVG3. « Il y a une charge symbolique qui protège la loi Veil, acquiesce Lydie Porée. Là où les risques sont plus insidieux, c’est dans l’accès à une information fiable et aux infrastructures dans des régions qui manquent de moyens, je pense que ce sont les menaces indirectes qui sont les plus dangereuses actuellement. »

Violette Vauloup

1. Interruption volontaire de grossesse.
2. Cette disposition légale permet à un professionnel de s'affranchir de certaines obligations.
3. Selon une enquête réalisée par le Planning familial avec l’Ifop en juillet 2024.

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Le retour d’un rare manuscrit médiéval en Bretagne

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N° 425 - Publié le 24 décembre 2024
© ALAIN AMET / MUSEE DE BRETAGNE / CC-BY-SA
L'étude du manuscrit ne se limite pas au texte : le parchemin et la reliure contiennent de précieuses informations.

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Un livre breton du haut Moyen Âge vient de revenir dans la région. Une opportunité pour des chercheurs, qui y voient déjà une manière d’en savoir plus sur les échanges entre la Cornouaille et les îles Britanniques à l’époque.

Un texte un peu particulier vient de rejoindre les collections de la bibliothèque des Champs Libres, à Rennes. Ce Commentaire sur l’Évangile selon Marc par Bède le Vénérable, un moine anglo-saxon des 7e et 8e siècles, daté d’environ 1100, fait son retour en terre bretonne après 29 ans dans une collection privée de Norvège. L’ouvrage, qui aurait, au 12e siècle, appartenu à l’abbaye de femmes de Locmaria, à Quimper, « a probablement servi à la formation des religieuses », avance Julien Bachelier, maître de conférences en histoire médiévale à l’UBO1. Il fait partie des 250 manuscrits bretons du haut Moyen Âge (750 - 12e siècle) recensés dans le monde. Parmi eux, seulement cinq sont conservés dans la région.

Un parchemin particulier


Son rachat2 est une opportunité pour la recherche. Cyprien Henry, responsable de la mission des archives et du patrimoine culturel au ministère de l’Éducation nationale et historien spécialiste de l’écrit en Bretagne au Moyen Âge, avait déjà fait sa rencontre en 2023, le temps d’une journée, dans la banlieue d’Oslo. Pas assez pour étudier le document en détail, mais suffisant pour remarquer le « grain pelucheux du parchemin, un peu comme du daim », se souvient-il. Pas de doute, il s’agit d’une technique de fabrication importée des îles Britanniques et assez rare sur le continent à cette période, mais dont on avait déjà relevé la trace en Cornouaille Sud. « Cela peut vouloir dire qu’une tradition locale s’est ancrée ici à partir d’un savoir-faire insulaire », avance le chercheur. Plus largement, l’étude approfondie de l’objet, comme sa reliure ou la réglure3, pourrait nous en apprendre plus sur les échanges culturels en Bretagne au haut Moyen Âge.

« On sait bien que la pointe de la Bretagne avait des échanges avec les îles Britanniques mais prouver qu’il existait un lien intellectuel et des transactions de manuscrits serait une belle avancée », poursuit le spécialiste, qui s’attache également à relever les variantes du texte entre plusieurs copies de ce commentaire. « Le texte est bien connu, il en existe de nombreux exemplaires, mais ils sont tous un peu différents », explique Cyprien Henry. Variations de l’orthographe, passages changés, mots intervertis… retrouver les mêmes variantes sur plusieurs manuscrits permet de reconstituer la chaîne de copie, c’est-à-dire de savoir sur quel texte les copistes ont pris modèle.

Traverser la Manche


« Il est probable que le modèle du manuscrit de Locmaria provienne des îles Britanniques, la prochaine étape est d’aller lire le même texte outre-Manche, anticipe l’historien. Si on parvenait à prouver un tel échange, cela casserait un peu l’image stéréotypée d’une Bretagne isolée, sans échanges culturels avec le reste de l’Europe à cette période. » Affaire à suivre, donc…

Violette Vauloup

1. Université de Bretagne Occidentale.
2. Majoritairement financé par le ministère de la Culture.
3. Sorte de quadrillage tracé sur la feuille afin d'y permettre la régularité de l'écriture.

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Le DJ est-il toujours un homme ?

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N° 425 - Publié le 24 décembre 2024
© ЕВГЕНИЙ ВЕРШИНИН / ADOBE STOCK

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La féminisation des artistes de musiques électroniques a de nombreuses conséquences, et des données chiffrées pourraient aider à mieux les connaître.

Clubs électro, loges de festivals et backstages, c’est le terrain d’étude d’Alice Laurent-Camena, doctorante en sociologie au laboratoire Arènes (Rennes). Elle s’intéresse pour sa thèse à la féminisation des artistes de musiques électroniques. « Dans ce milieu, l’égalité est un véritable sujet. Globalement, les individus ont conscience de la place prépondérante des hommes sur scène, et il y a une aspiration commune à plus d'égalité et d'inclusion. » Ce qui a entraîné certaines modifications des usages : plus de femmes programmées en tête d’affiche, la mise en place de protocoles pour lutter contre les violences ou encore l’acceptation des quotas de genre parmi les artistes annoncés. Pourtant, « les femmes sont toujours nettement minoritaires sur les scènes des clubs », constate la chercheuse. « Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la féminisation d’un ancien bastion masculin ne signifie pas automatiquement l’égalité du point de vue du genre. Il faut donc s’intéresser à la manière dont les rapports sont réorganisés et comment les hiérarchies genrées continuent d’opérer. »

Dresser un portrait type


C’est pour étudier dans le détail ces évolutions contrastées, qu’après avoir suivi une centaine d’artistes de la scène électronique dans leur quotidien, la chercheuse se lance avec le projet Gepame1 dans une récolte de données chiffrées. Aidée par un ingénieur de recherche, elle va comparer les programmations de six lieux emblématiques des musiques électroniques, sur plusieurs années, pour récupérer « des informations sur la visibilité des artistes selon leur genre ». Deuxième volet, l’analyse d’une grande enquête sur les pratiques culturelles des Français qui sonde, entre autres, goûts musicaux et pratique en amateur. 

« L’intérêt, c’est de pouvoir dresser un portrait type de ces gens : celles et ceux qui écoutent de la musique électro sont-ils des citadins ? De quelle catégorie socioprofessionnelle viennent les DJ amateurs ? Sont-ils plutôt jeunes ou vieux ? » Des données qui lui permettront d’éclairer ses recherches sur les artistes.

Anna Sardin

1. Genre de l’écoute et des pratiques en amateur des musiques électroniques. Porté par la Maison des sciences de l’Homme en Bretagne (MSHB).

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Des meringues pour mieux comprendre la recherche

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N° 425 - Publié le 24 décembre 2024
© CONSTANT VINATIER / FLORIAN NAUDET
La vente des meringues a permis d'échanger sur la reproductibilité de la recherche.

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Afin d’expliquer leurs recherches au grand public, deux chercheurs rennais ont demandé à des volontaires de cuisiner des meringues. Une analogie surprenante mais efficace, entre cuisine et sciences.

L’an dernier, Florian Naudet et Constant Vinatier ont demandé à 60 volontaires de cuisiner 900 meringues. Ils ne sont ni fous ni pâtissiers, mais chercheurs. Et ils sont revenus sur cette expérience avec un article publié dans la revue PLOS Biology mi-décembre. « On fait de la recherche sur la recherche, tout l’enjeu est de comprendre comment elle se fait pour mieux la faire », explique Florian Naudet, professeur de thérapeutique à l’Université de Rennes. Et pour cela, il s’intéresse notamment à la reproductibilité, une notion qui se divise en trois axes : « C’est le fait de pouvoir reproduire la méthode, les résultats et les conclusions d’un travail scientifique », note Constant Vinatier, doctorant en épidémiologie, analyse de risque et recherche clinique à l’Irset1, à Rennes.

L'outil parfait

Sensibiliser les citoyens aux complexités de la reproductibilité est un élément clé pour un regard plus nuancé sur le monde de la recherche, mais risque d’exacerber une forme de scepticisme à l’égard des sciences. Alors, il a fallu trouver le bon moyen d’aborder la question. « Les meringues sont l’outil parfait parce qu’une recette c’est comme une expérimentation scientifique, souligne Florian Naudet. De la température de la pièce à la durée de battage des œufs, il y a plein de choses non écrites que l’on fait ou pas et qui jouent sur le résultat : ce sont les degrés de liberté. »

Ils ont donc demandé à deux groupes de 30 personnes de réaliser des meringues. Le premier suivait une recette classique et le second un protocole amélioré sur les conseils d’un pâtissier, un schéma plus détaillé qui devait réduire ces degrés de liberté. « Mais à la fin, il n’y a pas eu de différence entre les meringues », constate Constant Vinatier. Les pâtisseries ont ensuite été vendues aux Champs Libres, à Rennes, ce qui a permis d’échanger avec les visiteurs sur la reproductibilité. Car en cuisine comme en recherche, il arrive qu’il soit impossible de reproduire un résultat. « Ce n’est pas forcément négatif, tant de paramètres entrent en compte qu’il est difficile de reproduire les conditions exactes », relativise Florian Naudet.

Prendre en compte les échecs


Plus que les résultats, c’est d’ailleurs la manière dont on en parle qui importe. « Beaucoup de scientifiques ne communiquent pas si leurs conclusions ne correspondent pas à leurs attentes : ainsi la moitié des essais thérapeutiques d’antidépresseurs ne sont pas publiés, illustre le chercheur, or il faut prendre en compte les échecs pour avoir une vision réaliste. » Sans compter que l’écosystème de la recherche favorise la découverte plutôt que la reproductibilité. « Certaines choses ne sont pas suffisamment vérifiées, un résultat scientifique est valide quand il a été reproduit par d’autres », insiste Florian Naudet, qui veut « donner au public les outils pour construire un regard nuancé et critique sur le monde de la recherche ».

Violette Vauloup

1. Institut de recherche en santé, environnement et travail.

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La sexualité vue par la jeunesse

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N° 425 - Publié le 24 décembre 2024
© KUDRYAVTSEV PAVEL / ISTOCK

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« La France a beaucoup légiféré sur la sexualité ces dernières années. On a par exemple redéfini le viol et modifié l’appréhension juridique du consentement des mineurs pour punir plus efficacement les actes sexuels des majeurs sur les mineurs n’ayant pas atteint la majorité sexuelle, observe François-Xavier Roux-Demare. La sexualité de la jeunesse est un sujet de société très important mais les lois sont faites par des adultes. » Alors cet enseignant-chercheur en droit à l’UBO1, à Brest, a eu l’idée de faire dialoguer ses étudiants du master 2 « Droit des personnes vulnérables » avec des lycéens pour comprendre le regard que les jeunes portent sur la sexualité. Les échanges, sur des sujets aussi variés que le consentement, l’intolérance à l’homosexualité ou encore la prostitution des jeunes ont donné un livre, La sexualité de la jeunesse, paru le 3 décembre2. S’y mêlent l’analyse des étudiants, celle de quelques chercheurs et témoignages de lycéens, pour éroder un peu le tabou qui pèse sur le sujet.

Violette Vauloup

1. Université de Bretagne Occidentale.
2. Édité par l’Institut francophone pour la justice et la démocratie.

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L’apprentissage de l’écriture manuscrite est un long processus

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N° 425 - Publié le 24 décembre 2024
© LAURENT GUIZARD

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Professeure en psychologie du développement et de l’éducation au LP3C¹ à l’UBO², Nathalie Bonneton-Botté nous présente l’évolution de l’enseignement de cette pratique.


À l’ère du numérique,  la journée mondiale de l’écriture manuscrite,  le 23 janvier, rappelle l’importance de cette dernière pour la mémorisation des lettres et l’initiation à la lecture.

Comment l’écriture manuscrite est-elle enseignée à l’école ?


En France, nous l’enseignons relativement tôt : un enfant doit être capable d’écrire une phrase à la main avant d’entrer au CP. La motricité acquise permet de mieux mémoriser la forme des lettres et de se préparer à la lecture. 
L’écriture cursive, caractérisée par des lettres reliées entre elles, est préférée à l’écriture scripte où les lettres sont séparées, style choisi en Angleterre. En Amérique du Nord, les outils numériques sont en revanche privilégiés depuis quinze ans. Mais la dégradation des performances scolaires conduit aujourd’hui à une réhabilitation de l’écriture manuscrite.

Le numérique peut-il tout de même être utile ?


Effectivement, à l’école, il existe des tests de l’usage du numérique sur l’écriture manuscrite. Quand un élève écrit au stylet sur une tablette numérique, il reçoit un message en direct, signalé par une couleur ou un son pour l’accompagner et lui permettre de corriger la formation de ses lettres. C’est un instrument qui s’adapte à chaque enfant en proposant des exercices spécifiques pour s’améliorer.
À l’aide d’une application, l’enseignant peut revoir chaque étape, les informations motrices de l’enfant, s’il appuie trop fort ou s’il fait trop de pauses en écrivant. Cela permet un suivi personnalisé. La tablette est un outil comme une craie ou une ardoise, c’est un support à l’écriture manuscrite, pas un remplaçant… il faut continuer d’écrire sur un cahier !

Et c’est un apprentissage qui prend du temps ?


Oui, l’automatisation de l’écriture, c’est-à-dire le fait que la prise de note soit fluide, lisible et indolore se termine autour de 14 ans. C’est un long processus. Vers 8 ans, l’enfant pratique un double contrôle, il guide son tracé sur la base d’une représentation mentale de la lettre et analyse pas à pas ses erreurs pour les corriger. Aux alentours de 11 ans, l’élève bascule vers l’automatisation et c’est là qu’on peut détecter les problèmes de dysgraphie3 : lenteur, fatigabilité, nombre important de pauses.

Comment les aider ?


Il existe de nombreuses innovations dans les classes. Je travaille avec des enseignants qui utilisent toute la motricité de l’enfant et font l’école dehors pour apprendre à écrire. Chasse au trésor pour trouver des noms d’objets contenant telle lettre, composer un L avec des brindilles, marcher sur les lettres tracées au sol… Après l’activité en plein air, il y a toujours un retour écrit sur papier. Bilan ? Les élèves qui ont des difficultés dans l’écriture réussissent mieux à assimiler les lettres !

FABIO PERRUCHET

1. Laboratoire de psychologie : cognition, comportement, communication.
2. Université de Bretagne Occidentale.
3. Trouble affectant l'écriture et son tracé.

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Les élèves à la rencontre de la nature

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N° 425 - Publié le 24 décembre 2024
© PROMOTION SANTÉ BRETAGNE

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Reconnecter les élèves à la nature, voici l’objectif du projet « Comment la nature nous fait du bien ? » porté par l’association Promotion santé Bretagne et le Réseau d’éducation à l’environnement en Bretagne (REEB). « On a voulu comprendre comment le contact régulier avec la nature peut développer les compétences cognitives, émotionnelles, sociales mais aussi écologiques », dévoile Mathilde Penloup, animatrice de réseau au REEB à Guingamp. Ce projet, lancé en 2022, a impliqué sept établissements bretons, de la maternelle au lycée, en proposant des actions en lien avec la nature. Ils ont été accompagnés par un acteur de la santé ou de l’éducation de l’environnement pour construire et expérimenter des activités durant l’année scolaire passée.

Se reconnecter à la nature


Observation d’araignées, marche en forêt, espace vert transformé en salle de classe… Ces actions « ont aidé les élèves à rencontrer la biodiversité pour mieux l’intégrer et lever leurs peurs », explique la référente. Les enseignants et les élèves disent avoir ressenti « un temps de lâcher prise et un sentiment de liberté sortant du cadre de la classe, précise Mathilde Penloup. Une lycéenne a confié avoir appris à aimer la nature en s’éloignant de son portable ». Cette étude a permis de produire un document de synthèse, accompagné de fiches pédagogiques et de capsules vidéo, qui sera présenté lors du colloque régional Santé nature à Belle-Isle-en-Terre (Côtes-d’Armor) en janvier. « D’autres établissements et éducateurs pourront s’en saisir. Le but, c’est d’essaimer ! »

Fabio Perruchet

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Un nouvel outil pour mesurer le silicium

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N° 425 - Publié le 24 décembre 2024
© OSCAR CHUBERRE / COLLECTIF DR

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Pendant deux ans, Lucie Cassarino a travaillé à élaborer un outil un peu particulier. Avec l’équipe du projet Moduss, qui s'achève fin janvier, cette chercheuse du Lemar1, à Plouzané, près de Brest, a conçu un module équipé de différents capteurs destiné à être plongé dans l’océan pour mesurer la salinité, la température ou encore le niveau de chlorophylle… mais surtout la concentration en silice dissoute. « Cette dernière est un nutriment essentiel pour les organismes marins qui possèdent un squelette de silice, c’est un peu comme notre calcium », compare Lucie Cassarino. Parmi eux, les diatomées, des microalgues à la base de la chaîne alimentaire océanique. Une perturbation dans le cycle du silicium peut donc bouleverser tout un équilibre. « Ce module contrôlable à distance permettra de mieux le comprendre en récoltant des données plus facilement, en particulier dans les zones polaires où les prélèvements sont impossibles en hiver et demandent beaucoup d’efforts logistiques en été », résume la chercheuse.

Violette Vauloup

1. Laboratoire des sciences de l'environnement marin.

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Une petite balade dans la connaissance

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N° 425 - Publié le 24 décembre 2024
© IMAGE ISSUE DE LA VIDEO L'UNIVERS TOURNE AUTOUR DE CE PENDULE DE FOUCAULT !
Sur YouTube, Théo Drieu tente de répondre à un grand nombre de questions. Ici, il s'intéresse au Pendule de Foucault.

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Très suivi sur les réseaux sociaux, le youtubeur Théo Drieu éclaircit, pour le plus grand bonheur de ses abonnés, quelques mystères abyssaux et intersidéraux.

L’Univers est-il infini ? Qu’est-ce qui se cache dans les abysses ? Quel temps fait-il sur les autres planètes du Système solaire ? C’est à ces questions-là et à beaucoup d’autres que Théo Drieu tente de répondre au fil des 279 vidéos que compte sa chaîne YouTube. Intitulée Balade Mentale, elle est suivie par plus d’un million d’internautes, avides de contenu scientifique et de petites et grandes « promenades dans la connaissance ».

Des vidéos vues des millions de fois 


Récemment installé à Rennes, le jeune homme cherche depuis longtemps le pourquoi du comment. « J’ai toujours regardé beaucoup de vidéos de vulgarisation. Mais je me suis rendu compte que quelques-unes racontaient des bêtises sur des sujets que je connaissais, et ça m'a fait bondir ! C’est ce qui m’a donné l’idée de me lancer. » En 2015, il décide alors d’y remédier lui-même : deux semaines de congés, un copain à la caméra et quelques scripts plus tard, le voilà lancé sur la toile. Son succès croissant lui permet, depuis presque six ans, de se consacrer à plein temps à cette activité. « De fil en aiguille, je me suis tourné vers des thématiques qui me plaisaient tout spécialement, comme l’astronomie… Et ça fonctionne : ma vidéo “L’Univers est-il infini ?” cumule plus de trois millions de vues. »

Mais bien d’autres sujets sont au menu, comme l’assèchement total de la Méditerranée il y a cinq millions d’années ou les inondations de Missoula, un déluge qui a déferlé sur les États-Unis après l’effondrement d’un lac glaciaire il y a des dizaines de milliers d’années. Des sujets historiques et géologiques pas forcement racoleurs de premier abord, mais qu’il se plaît à mettre en scène. « Ce que j’aime, c’est aller plus loin que ce que je sais, découvrir des choses auxquelles je n’aurais pas pensé et réussir à donner une réponse à des questions un peu complexes. »

Un format scientifique atypique


L’un des avantages de YouTube, c’est qu’il permet de laisser libre court à la création. « Internet a permis l’émergence de formats scientifiques atypiques, qui n’auraient jamais pu voir le jour autrement », soutient le vidéaste. D’ailleurs, s’il s’appuie sur la science pour trouver ses réponses, il veut avant tout susciter l’émotion chez son public. Exit donc la théorie de la relativité générale, bonjour les plongées spatiales vertigineuses sur fond de musique épique. « Je propose une sorte de voyage, pour ressentir tout autant que comprendre. » Mais le jeune homme tient à préciser : « Je n’ai pas la prétention de tout pouvoir expliquer en vingt minutes ! »

Pour la suite, Théo Drieu a encore une liste interminable de questions alambiquées qu’il prévoit de décortiquer en vidéo. Et deux bandes dessinées dont il est l’auteur sortiront bientôt, pour en remettre une couche sur l’infiniment grand et se questionner sur l’existence des extraterrestres. 

ANNA SARDIN

Les vidéos sont à découvrir sur YouTube @BaladeMentale.

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