Il capte le bien-être des seniors

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mars 2010
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Un laboratoire trois pièces : 1 - Le salon accueille des équipements pour communiquer avec ses proches : un ordinateur à écran tactile, ou encore dont le clavier est remplacé par un système de cartes personnalisées (lire ci-dessous). 2 - Dans le couloir, un chemin lumineux, composé de quelques diodes fixées sur les murs à 30 cm du sol, peut éviter les chutes lorsque la personne se relève la nuit. 3 - Dans la chambre, sur la table de nuit, un interphone permet de répondre au téléphone à distance, jusqu’à plusieurs mètres. Plus besoin de se précipiter pour décrocher le combiné ! 4 - À l’entrée, le visiophone transmet l’image des visiteurs. La serrure fonctionne avec des codes, plus simples à transporter pour les aides à domicile qu’un trousseau de clés bien chargé. La personne âgée, elle, garde sa clé traditionnelle.

Rythme cardiaque, température de la maison..., un chercheur rennais adapte ses capteurs au suivi des personnes âgées.

Ce chimiste ne cherche pas l’élixir de jeunesse. Spécialiste des capteurs et de la détection rapide dans le laboratoire Procadec(1) de l’Université de Rennes 1, Olivier Lavastre s’investit dans le suivi à domicile des personnes âgées. Pour le projet qu’il a baptisé Optim’âge, le principe de la détection multiple, déjà développé dans le domaine de l’environnement(2), est appliqué à la collecte de données qui concernent la personne (poids, rythme cardiaque, taux d’hydratation...) et aussi son environnement : température ou taux de Composants organiques volatiles (COV) dans son habitat.

Ce n’est pas la mesure de ces paramètres proprement dite qui est exceptionnelle. Mais plutôt la manière de les collecter et de les traiter. C’est toute l’originalité du projet Optim’âge, qui place les seniors au centre du dispositif. « J’ai prévu de travailler avec des groupes de personnes âgées pour discuter avec elles des paramètres qu’elles souhaitent voir suivis, précise Olivier Lavastre. Ce projet s’inscrit par ailleurs dans une démarche préventive : il vise à surveiller, en douceur, sur le long terme, et surtout, sans être intrusif. » 

Deux brevets déjà déposés

C’est tout l’objet d’un des deux brevets déjà déposés par le laboratoire. Il concerne la mise au point d’un système qui propose aux personnes âgées de pratiquer une activité physique douce et ludique (un peu sur le principe de la console de jeu Wii) pour récupérer les données physiologiques et notamment celles qui nécessitent de suivre un protocole précis. « Des discussions sont en ce moment en cours avec un industriel taïwanais ; je ne peux donc pas en dire plus », précise le chercheur. Déposé en 2008, l’autre brevet concerne le traitement des données. « Il s’agit d’un algorithme qui permet de traiter ensemble les résultats issus d’une vingtaine de capteurs », explique-t-il. Car aujourd’hui des appareils tels que les balances, thermomètres ou électrocardiogrammes portatifs fonctionnent chacun avec leur propre électronique et les logiciels sont souvent inaccessibles. « Après le traitement de toutes les données, notre algorithme est capable de donner une réponse globale simple : oui, tout est OK, ou attention, un des paramètres varie. Et il sera bien sûr possible d’identifier le paramètre en question. »

Outre l’industriel taïwanais, Olivier Lavastre travaille avec des partenaires académiques locaux(3). Il sensibilise maintenant les collectivités, car la question du suivi des personnes âgées n’a bien sûr pas que des enjeux scientifiques.

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Nathalie Blanc

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